Monsieur Personne

 

Dire qu’il aura fallu que je vinsse à Lisbonne pour comprendre que Fernando Pessoa s’appelle Fernand Personne (comme une personne, enfant ou adulte).

 

solo

 

Dans les années 80, j’avais appris par cœur le début d’un long poème personnien.

 

Je ne suis rien.

Je ne serai jamais rien.

Je ne peux vouloir être rien.

À part ça, je porte en moi tous les rêves du monde.

~

sourire

Fernando Pessoa, Bureau de tabac (Tabacaria), trad. Rémy Hourcade

déclinaisons (7)

 

Les amis sont drôles et parfois moins. Avaient conclu C’est bien d’aller lui dire au revoir. Comme si j’allais le lui dire. Comme si j’allais lui chanter Je suis venue te dire que tu t’en vas…

Quand je l’ai embrassée sur le front juste avant de me casser, à la naissance des cheveux juste avant l’adieu, comment te dire comme elle sentait bon.

 

draps

Josef Sudek

protocole

 

Je m’en souviens sans peine malgré ma désertion de quelques années. Passage obligé au vestiaire. Échange de sac contre cartable en plastique transparent. Y glisser ou non mes clémentines furieusement orange ?

Puis tu passes le sas – loisir à toi de le répéter à l’infini, moi je ne m’en lasse pas, je passe le sas un nombre déraisonnable de fois dans ma tête, c’est sensass. Enfin, tu descends, tu descends encore, tu sens que tu quittes quelque chose, tu t’enfonces vers autre chose, transporté par l’escalator désert d’ailleurs tu as changé d’air, le temps de t’en apercevoir et c’est là. L’antre des chercheurs. Le rez-de-jardin.

 

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santé, Souley

 

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Retrouvé la chanson écrite pour Souley au printemps 2001, un peu après sa disparition. Je n’avais jamais trop aimé le reggae jusqu’à ce que Souley me fasse découvrir Don’t kill the lion. Or, c’est bien une sorte de reggae que Takero me présenta cette année-là en me demandant d’écrire des paroles. Pardonne la voix d’oisillon intimidé et danse.

quelque chose comme ça

musique  Takero Ogata (album Texture)

(si le déroulement audio ne s’affiche pas, cliquer sur « audio » ou « listen »)

déclinaisons (5)

 

Ses cheveux plaqués par la volonté de l’oreiller élaborent un léger volume au-dessus de sa tête, l’esquisse d’un chignon un rien capricieux qui lui donne de profil et même de trois-quarts l’air d’une marquise, lasse. Elle disait souvent pour exprimer telle ressemblance qui la frappait : « des faux-airs à », il a des faux-airs à de Funès, elle a des faux-airs à Martine Carol. Voilà, elle a désormais des faux-airs à Edwige Feuillère.

 

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Josef Sudek

déclinaisons (4)

 

Les jours se suivent et. Aujourd’hui hier. L’envie de manger a toujours de bien petits pieds mais la gaufrette au nutella passe l’épreuve haut la main. Elle la grignote toute seule. Plus fort encore, lui prend l’envie de rire, de nous faire rire un peu.

C’est comme Léonore… Y’en a plus,  Y’en a encore !  murmure-t-elle tandis qu’on la gave de crème à la vanille.

 

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Walter Huston