Nounou

déclinaisons (7)

 

Les amis sont drôles et parfois moins. Avaient conclu C’est bien d’aller lui dire au revoir. Comme si j’allais le lui dire. Comme si j’allais lui chanter Je suis venue te dire que tu t’en vas…

Quand je l’ai embrassée sur le front juste avant de me casser, à la naissance des cheveux juste avant l’adieu, comment te dire comme elle sentait bon.

 

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Josef Sudek

déclinaisons (5)

 

Ses cheveux plaqués par la volonté de l’oreiller élaborent un léger volume au-dessus de sa tête, l’esquisse d’un chignon un rien capricieux qui lui donne de profil et même de trois-quarts l’air d’une marquise, lasse. Elle disait souvent pour exprimer telle ressemblance qui la frappait : « des faux-airs à », il a des faux-airs à de Funès, elle a des faux-airs à Martine Carol. Voilà, elle a désormais des faux-airs à Edwige Feuillère.

 

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Josef Sudek

déclinaisons (4)

 

Les jours se suivent et. Aujourd’hui hier. L’envie de manger a toujours de bien petits pieds mais la gaufrette au nutella passe l’épreuve haut la main. Elle la grignote toute seule. Plus fort encore, lui prend l’envie de rire, de nous faire rire un peu.

C’est comme Léonore… Y’en a plus,  Y’en a encore !  murmure-t-elle tandis qu’on la gave de crème à la vanille.

 

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Walter Huston

 

déclinaisons (3)

 

Elle me reconnaît au premier regard. Ajoute même, Tu as fait vite. Le médecin s’est trompée. Elle a toute sa tête. Pas d’appétit, voilà tout. À envisager la bobine de la purée carottes-jambon, on la comprend. Elle est peut-être devenue végétarienne aussi, entretemps ?

 

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Hé, ho, j’y crois pas, elle a un médicament qui s’appelle LYRICA

 

déclinaisons (2)

 

N’entend goutte. Tourne la tête vers le store baissé. La nuit est en train de tomber. Pour communiquer, nous avons une ardoise magique. Tu as mangé ? Tu as mal ? Je trouve très vite à lui écrire Ils sont beaux, tes cheveux,  Elles sont chouettes, tes lunettes.

 

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© Christian Cantrelle