Mois: avril 2016

calligraphie

 

Les tout petits d’aujourd’hui n’apprennent plus à dessiner les anglaises.

Ça m’est revenu devant les manuscrits de Monsieur Henri,

il savait lui, et ça m’a fait drôle.

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– Quoi ?

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– Passent tout de suite des minuscules aux capitales d’imprimerie…

C’est triste, je sais… mais regarde plutôt ce joli moulin, au lieu de te faire du mal

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– Tu ne vas pas me dire qu’ils ne savent plus faire le L…

(geste démesuré de l’index dans le vide à hauteur de  visage)

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et les boucles du H, tu te souviens, ce délire ?

Il fallait faire comme ça, et puis comme ça…

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Le mot est lâché, tout était bouclé, chantourné, précieux.

Finito.

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Nous rions pour masquer notre désarroi.

down there

 

Lu l’autre matin dans Là-bas :

Il lui offrit des bonbons qu’elle refusa et elle prit un peu d’alkermès qu’il versa dans un minuscule gobelet d’argent ; elle en but une goutte à peine et, amicalement, ils discutèrent sur le goût de ce pharmaque où elle retrouvait un arôme de clou de girofle, tempéré par un fleur de cannelle noyé dans de l’eau distillée de rose. Puis il se tut.

Pas moi. Ainsi, on s’appelle Huysmans et on a tous les droits, c’est ça ? dire UN fleur ? boire dans des gobelets d’argent ?  Surtout, on forge ce mot « pharmaque » que j’adopte aussi sec. Ne pas oublier non plus de demander à Hermione (mon hôtesse) où elle planque l’alkermès.

 

pharmaque

underground Zorba

 

Hier soir, au Café de la Danse. En première partie de The Apartments, Jim Yamouridis, un Grec à la voix sépulcrale. Il commence en interprétant deux morceaux d’outre-tombe et nous avertit pour le suivant :  Le prochain chanson est une lamentation, François et moi nous regardons, on pouffe. Lord Jim sourit aussi, à sa façon.

 

temple

 

dans ma rue

 

Trouvé des négatifs dans ma rue,

j’étais drôlement contente

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les ai ramassés,

les ai trimballés dans mon sac toute la journée

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Les gens jettent vraiment n’importe quoi

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Voilà, ça donne ça

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Tu diras ce que tu veux

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moi, je suis drôlement contente.

On danse ?

Kiasmos, Looped

merci, forever and a day, à mon maître de musique

(si le déroulement audio ne s’affiche pas, cliquer sur « audio » ou « listen »)

cache-cache

J’en connais qui s’y croient

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qui croient carrément posséder le don d’invisibilité

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Oui, c’est à toi que je cause,

je ne vois personne d’autre ici

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Eh bien non, mon pauvre ami, tu n’es pas transparent

Quand j’étais petite, on disait : « Il est vitrier, ton père ? »

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Hé ! tu me regardes un peu quand je m’épanche !

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Allez, sors de là, va…

Le dîner est servi.

justesse et discrétion

 

Qui pour apprécier la compagnie des troubadours de la ligne 3, surtout quand on est en tête-à-tête avec un bon bouquin. Pourtant, ce matin-là, cueillie je fus par un yellow  – yellow de la mort, dirait Sabine – yukulélé man égrenant des notes justes et discrètes, discrètement justes. Comble de délicatesse, il semblait mettre une sourdine aux arrêts. Au lieu de se renfrogner, le petit peuple des voyageurs prêtait l’oreille, mine de rien. Loin de déranger ma lecture, il l’a accompagnée. C’est fort, ça.

 

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