clic

côté jardin, again

 

Il est légèrement bombé, posé sans façon sur un accoudoir de la bergère – pour moi, c’est une bergère (voire une marquise de jardin) même s’il manque le dossier. Il a l’air jeune. Il pleut ou il fait soleil. Il repose. À l’abri de la pluie, du soleil. C’est tout ce qu’il a trouvé, ce coin de terrasse. C’est tout ce qu’il demande. Et moi aussi.

Clic.

« apparition »

 

Elle souriait today, dans la rue et dans le soir, avec du soleil aux cheveux, et des fleurs dans les mains, les distribuant tout autour d’elle, métro Alésia. Elle allait m’en tendre une puis se ravisa, m’offrant son dos en guise de sourire. Clic.

J’y pense, ce n’étaient pas des fleurs mais des tracts, pour Asselineau.

gros plan

 

C’est exactement elle. Elle a la tête un peu penchée qu’elle soutient de sa main droite. Elle a l’air penseur, légèrement étonné, l’air d’une petite fille studieuse qui planche sur un problème de racines carrées et cherche l’inspiration. Sous ses lunettes, son œil droit est concentré sur l’écran de la télé tandis que le gauche, tout en regardant dans la même direction, vague ailleurs. Elle est si jolie avec ses cheveux blancs. Je le lui ai dit tout à l’heure et ça l’a fait rire aux éclats. Elle porte, ça se voit sur la photo, une robe-blouse bleue à pois blancs et comme ça ne suffit pas, il y a aussi des tulipes roses.

Une infirmière m’a appris un mot. Votre Nounou, elle est douloureuse. Pour l’heure, elle semble paisible.

Clic.

miro

 

Tout va bien, se dit-on. Il fait beau, décidément beau. Non seulement on se le dit mais on le sent. Et puis à l’arrêt du 61, on s’étonne un peu de lire à la devanture d’un opticien

Ici

VÉRIFICATION

DE LA VIE

(sur rendez-vous)

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Clic.

DSC07525

Josef Sudek

mes compliments

 

Me suis retenue in extremis de dire à cette dame combien sa robe lui allait à ravir. Dans quelle mesure ces paroles auraient-elles vraiment pu lui faire plaisir, venant d’une qui ressemble à un sac – la satanée robe de piscine sans forme sans couleur sans rien.

Clic.

la nature et moi (ça fait trois)

 

C’est tombé sur ma main, ça a roulé dessus, c’était joli. Léger et blanc comme du coton c’était. J’ai gardé la main devant moi en marchant comme si je tenais un trésor… jusqu’à ce qu’agacé par tant de manières, le trésor me pince. C’est bien la première fois que je me fais piquer par un flocon de neige. En plein cœur de juillet encore.

Clic.

renardeau

 

Dieu qu’il était roux. Il s’inquiétait de l’heure, comptait mentalement les stations de métro. Tout était roux chez lui, les cheveux, la peau, les yeux, le cartable, et jusqu’à son papa. Il fronçait très légèrement les sourcils à cause des cinq minutes de retard qu’il calculait. J’avais envie de lui dire que moi aussi, j’étais à la bourre et que c’était pas grave. Pas si grave. Avec les yeux que tu as, mon vieux, franchement. Mais les enfants m’intimident. Ma station est arrivée. Il en avait encore deux à supporter. Deux minutes de retard de plus au compteur. On s’est regardés une demi-seconde, mais si tu m’apprivoises. Mon cœur s’est arrêté.

Clic.