santé, Souley

Tu fus le premier à me parler de l’Afrique.

Vous aviez cela en commun avec Noémi. Quand tu nous as quittés, nous nous sommes retrouvées Noémi et moi devant des thés verts dans le jardin de la Mosquée, nous demandant : « Comment faire maintenant ? »

Tu avais un job à l’ambassade du Mali où tu recevais de malins Maliens. Voyant ton sang-mêlé, ils venaient vers toi avec assurance, Écoute, mon frère… et tu leur répondais, Écoutez, Monsieur, je suis pas votre frère… Ça nous faisait pleurer de rire.

Fela le grand, c’est aussi grâce à toi. Je crois que quand j’ai écouté pour la première fois WATER NO GET ENEMY, le ciel m’est tombé sur la tête.

Voici le lien pour la version originale et la pochette de mon vieux vinyl (était carrée ma pochette mais bon, les femmes sont là) :

https://www.google.com/search?q=fela+kuti+water+no+get+enemy&rlz=1C5AVSZ_enFR612FR612&oq=fela+Kuti&aqs=chrome.1.69i57j0l2j69i60j0l2.6781j0j7&sourceid=chrome&ie=UTF-8

quelle que soit la saison (fin)

Dernier opus pour Camille

 

Fabienne Yvert

 

noter une nouvelle expression doucement expressive pour mourir : fermer son parapluie

prendre des petites routes dans la campagne en allant à l’aéroport un jour de grève

toujours aussi formidable de décoller et d’atterrir, en regardant le fonctionnement des ailes en prime

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3 petites gouttes de pluie qui rafraîchissent l’aube

imprimer une affiche “c’est pas la fin des haricots” après avoir appris une mauvaise nouvelle

prendre le bateau au soleil couchant, quand la lumière est rose sur la mer

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aller chez le vitrier avant la fermeture annuelle, pour faire découper un rond dans une vitre, bien plus compliqué que dans un film policier

admirer de très beaux objets dans des magasins sans avoir envie de les acheter

faire des tas de petites fenêtres-découpes dans une plaque de BA13 pour ajuster parfaitement les creux et les bosses

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comprendre mieux ses angoisses grâce à un rêve

trouver un docteur compétent qui peut vous recevoir le jour-même

l’apéro au soleil du soir, en regardant les fleurs entre 2 articles de journal

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ne pas confondre les colombes et les pigeons

peindre dans des assiettes, en discutant cuisine

partir en retard et puis arriver en avance

quelle que soit la saison (suite)

Un petit bonus pour Camille :

 

Fabienne Yvert

 

avoir 3 idées à la seconde en buvant du thé devant la mer déchaînée

allier des chaussures chaudes vert pomme à semelles rouges avec un pantalon écossais

attendre le bus dans une petite rue oubliée & rencontrer des amis qui passent par là

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offrir un jeune citronnier à sa vieille mère déprimée

attendre le coucher du soleil, l’éclaircie du soir dans la tempête

remercier l’araignée de mer rouge de nous donner sa chair blanche

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prendre des vacances & de l’altitude

suivre par la fenêtre du train un paysage bien connu en voiture

un petit jardin plein de fleurs digne de “la maison de Toutou” au bout d’une route de montagne

 

quelle que soit la saison mais j’avoue que ça tombe bien

 

 

Fabienne Yvert

Extrait de la 4e de couv :

Lors d’une journée particulièrement pourrie, une amie m’a suggéré cette méthode : penser à 3 trucs bien dans la journée avant de s’endormir apaisée. Je l’ai appliquée une année entière en 2016, et m’y suis tenue […]

J’aurais pu tout aussi bien faire une liste de 3 trucs nazes dans la journée pour les dénoncer – mais déjà que la vie n’est pas drôle tous les jours… !

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« C’est moins grave que si c’était pire »

Docteur A.-B. Bérurier

 

les idées viennent en regardant

marcher sur la digue dans la tempête, en tenant sa capuche à 2 mains

la dernière est la bonne, juste avant de s’endormir

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voir loin dès le matin

un paysan qui parle de sa vie, les coudes posés sur une toile cirée imprimée peau de vache

ouvrir un colis oublié le dimanche soir comme si le facteur venait juste de passer

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être suffisamment en avance pour prendre quand même son train quand on s’est trompé de gare

débarquer sous le soleil quand la météo prévoyait la pluie

visiter une école d’art sans avoir immédiatement envie de s’enfuir

 

la chose, son contraire

 

À peine ai-je raccroché que, dans le sens exactement contraire à ce que je viens de dire à Sabine, je me jette sur mon maillot que j’enfile illico jamais été aussi leste le tram me rejoint dans le mouvement on est tous au diapason de l’urgence, les bassins, vite, les bassins. D’habitude, c’est l’inverse, j’annonce haut et fort une pistoche et abandonne dans la seconde qui suit. Aussitôt dit aussitôt défait. Je veux bien mais qui croire ? Moi ou moi ?

 

David Vincent syndrome

 

Dans le métro du matin, en route vers Cluny. Une famille blonde. Des Allemands ? Des Bataves ? Le père, la mère et leurs deux enfants. L’ado me fixe comme si je venais de Pluton. Je me surprends alors à ostensiblement plier mon auriculaire pour lui prouver mon appartenance à la planète Terre.

Nous sommes le 4 janvier et à part ça, tout va bien.

 

sanguine

 

Jeanne Moreau confiait dans un film ancien à Miou-Miou que les règles, c’était peut-être bien embêtant, douloureux parfois, mais vous verrez ma ptite – c’est moi qui rajoute ma ptite – ça vous manquera un jour, ce sang mensuel.

Tiens, tout une traînée rouge sur le bas de ma feuille, ça vermille, c’est beau. Vrai, ça manquait, ça illumine l’instant. Est-ce pour cet écarlate – mon sang n’est pas carmin – que je me tire la peau des doigts jusqu’à la pulpe ces derniers temps. Du coup, pas la peine de mettre de vernis rubis ou coquelicot. Manucure maison.