venu le froid

Savoir ce que tout le monde sait, c’est ne rien savoir. Le savoir commence là où commence ce que le monde ignore. La vraie science aussi est située au-delà de la science.

J’estime les animaux. Voyez l’écureuil : il se réveille, broute les jeunes pousses, fait l’amour, guette les noisettes, en croque, en cueille dont il emplit son nid, grimpe aux arbres, redescend, bondit, joue ; venu le froid, il s’endort.

– Mais l’homme n’est pas un écureuil !

– L’homme est un écureuil prétentieux.

Remy de Gourmont, Des pas sur le sable…

notes bressonniennes

 

DES REGARDS

De qui ?    “Un seul regard déclenche une passion, un assassinat, une guerre.”

***

Un ensemble d’images bonnes peut être détestable.

[…]

Une chose ratée, si tu la changes de place, peut être une chose réussie.

***

GESTES ET PAROLES

La vue du mouvement donne du bonheur : cheval, athlète, oiseau.

***

LE RÉEL

Il faut que les personnes et les objets de ton films marchent du même pas, en compagnons.

[…]

Films lents où tout le monde galope et gesticule ; films rapides où l’on bouge à peine.

***

EXERCICES

Donner aux objets l’air d’avoir envie d’être là.

 

Robert Bresson, Notes sur le cinématographe (1950 – 1958)

 

Marion Vanderkerkhove (in Mon Jules)

 

 

Penser qu’on vivra jamais dans cet astre

Parfois me flanque un coup dans l’épigastre

Jules Laforgue

 

Le 20 août 1887, il y a 132 ans, nous quittait le bien-charmant, bien-aimé, bien-tout Jules Laforgue.

Il y a à peu près 5 ans, nous avions commis, mon vieux complice Xavier Brillat et moi, ce court-métrage en guise de salut fraternel et crépusculâtre.  Mais je n’étais pas sûre, l’avais gardé confidentiel (mot de passe : épigastre). Et puis zut, le voilà, sinon sans reproche, du moins sans fard ni retouches.

 

 

 

 

 

 

dark side

Dans ma Petite grammaire ewondo du père François Pichon, j’apprends très vite à dire J’aime, tu aimes, il aime… Et le diable de s’approcher en douce par derrière pour me souffler Oké, si tu veux, mais comment dit-on Je n’aime pas.

 

devinettes (je ne m’en lasse pas)

 

Cette chose boit de l’eau et ne se lave pas ?

La chèvre

 

Est frappé, ne comprend pas ?

L’âne

 

La majesté ?

Le lion

(le grand tueur)

 

Ma petite poterie tombe, ne se brise pas ?

Le lézard

 

L’accroupi ?

Le crapaud

 

Le souverain qui a peur de ses sujets ?

Le hibou

 

Les enfants valent mieux que la mère ?

Les arachides

 

Beaucoup de petits enfants, une seule pièce ?

Un balai

 

Un mort qui porte un vivant ?

Une pirogue

 

Une bande d’étoffe que j’enroule et qui ne finit pas ?

Un chemin

 

Une princesse qui est dans l’eau ?

Le sable

 

Des couvercles égaux ?

Le ciel et la terre

 

De jour, ce n’est rien, de nuit, des haricots ?

Les étoiles

 

 

J.-P. Lebeuf et P.-F. Lacroix, Devinettes peules