devinettes (je ne m’en lasse pas)

 

Cette chose boit de l’eau et ne se lave pas ?

La chèvre

 

Est frappé, ne comprend pas ?

L’âne

 

La majesté ?

Le lion

(le grand tueur)

 

Ma petite poterie tombe, ne se brise pas ?

Le lézard

 

L’accroupi ?

Le crapaud

 

Le souverain qui a peur de ses sujets ?

Le hibou

 

Les enfants valent mieux que la mère ?

Les arachides

 

Beaucoup de petits enfants, une seule pièce ?

Un balai

 

Un mort qui porte un vivant ?

Une pirogue

 

Une bande d’étoffe que j’enroule et qui ne finit pas ?

Un chemin

 

Une princesse qui est dans l’eau ?

Le sable

 

Des couvercles égaux ?

Le ciel et la terre

 

De jour, ce n’est rien, de nuit, des haricots ?

Les étoiles

 

 

J.-P. Lebeuf et P.-F. Lacroix, Devinettes peules

 

 

David Vincent syndrome (2)

 

Son truc, c’est les chaussures abandonnées à ciel ouvert. Abduction il y a eu. Des aliens sont passés par là et à l’acte. Seules pour en témoigner, les grolles. Dès qu’on repère une paire de sandales, même dépareillées, des espadrilles de kids ou de gérontes, des babouches voire des mocassins – il se fait rare le mocassin – on en envoie sur-le-champ le cliché à Camille qui saura quoi en faire. Ça renforce ses intuitions qui virent aux certitudes. Ils sont là. Parmi nous. Prélevant très régulièrement leurs échantillons humains. On a les preuves. On constitue un dossier. Qui s’épaissit d’année en année. Qu’on délivrera en temps voulu.

 

Yoshi TAKAHASHI

(1974 – 2015)

Détective syndrome

 

– Ça alors, elle a pas de machine à espresso, elle aime pas George Clooney ou quoi ? En revanche, qu’est-ce qu’elle a comme sel !

– Pardon ?

– Elle a pas de four, j’y crois pas, mais tu as vu tous les types de poivre ? Tu connaissais, toi, le poivre aux oiseaux ?

– De quoi tu parles ?

– Et toutes ces robes alors qu’elle a pas la place… Quelle coquette, mine de rien !

– Mais à quoi tu joues ?

– Ben je me demande, si jamais je disparaissais brutalement et qu’on enquête, les détectives…

– On ne dit pas détectives ici

– Les enquêteurs à la recherche de mon assassin, de mon assassine, en examinant la maison, ne pourraient-ils pas en déduire certaines conclusions ayant trait à ma personnalité, tout ça ?

– …

– Comme dans les polars islandais, tu vois ?

– Moi, ce que je vois, c’est qu’un brin de ménage, ça ne serait pas du luxe

– Oui, je sais

– Je ne dis ça que pour ajouter un trait piquant à ta personnalité

– Oh, ça va, ça va…

 

petite flemme

 

 

– Tu écris en ce moment ?

– Pas plus que ça

– Pourquoi donc ?

– Il faudrait que ce soit absolument nécessaire…

– C’est redondant ce que tu dis, là

– Tu vois bien !

– Ne cède pas à la facilité, veux-tu. Argumente, nécessaire comme quoi ?

– Comme l’air, comme le ciel, comme… le viognier !

 

                                                   modèle : Odette