la guerre

 

Il est là. Il est revenu. Me coupe la respiration sans prévenir. Me montre ÉPILOGUE sur une affiche publicitaire de métro. Me chatouille de façon tout à fait désagréable. Égare mon beau parapluie mauve. Fait disparaître infortunément la paire de chaussettes antidérapantes que je venais de m’acheter. M’asticote la nuque. M’agace les gencives. Fait gonfler mon ventre sans raison. M’épuise par le milieu. Me donne cet air hagard que je connais si bien. De retour, je te dis. Avec toute une colonie d’insectes à sa solde.

Si tu crois que je vais me laisser intimider.

il était un foie

 

Histoire vraie. C’est arrivé dans le XIIe arrondissement. Un boucher était amoureux d’une fleuriste. Or, le métier de son amoureux la dégoûtait. Il aimait sa belle et abandonna la vianderie. Plus encore, il devint fleuriste à son tour. Avait-il encore du sang sur les mains ? Toujours est-il qu’elle le quitta très vite.

Et tu ne me crois toujours pas quand je te dis que Satan existe ?

 

adages

 

C’était à la fin du cours de danse

mon moment préféré.

Même les pas de bourrée

– pourtant les pas de bourrée –

n’arrivaient pas à la cheville des adages

ports de bras à n’en plus finir, d’un côté, de l’autre

cambrez bien

– pour une fois qu’on avait le droit de se cambrer –

au rythme du piano adagio de la pianiste.

Et une et deux et trois et attention, c’est la dernière…

révérence

 

Adage, c’est aussi

Amour, amour, quand tu nous tiens

Qui a deux femmes perd son âme, qui a deux maisons perd la raison

Visage qui pleure, abeille le pique

Elad Lassry, Untitled (Ghost), 2011

vidéo vue à Rentilly, samedi après-midi