journal

il était un foie

 

Histoire vraie. C’est arrivé dans le XIIe arrondissement. Un boucher était amoureux d’une fleuriste. Or, le métier de son amoureux la dégoûtait. Il aimait sa belle et abandonna la vianderie. Plus encore, il devint fleuriste à son tour. Avait-il encore du sang sur les mains ? Toujours est-il qu’elle le quitta très vite.

Et tu ne me crois toujours pas quand je te dis que Satan existe ?

 

adages

 

C’était à la fin du cours de danse

mon moment préféré.

Même les pas de bourrée

– pourtant les pas de bourrée –

n’arrivaient pas à la cheville des adages

ports de bras à n’en plus finir, d’un côté, de l’autre

cambrez bien

– pour une fois qu’on avait le droit de se cambrer –

au rythme du piano adagio de la pianiste.

Et une et deux et trois et attention, c’est la dernière…

révérence

 

Adage, c’est aussi

Amour, amour, quand tu nous tiens

Qui a deux femmes perd son âme, qui a deux maisons perd la raison

Visage qui pleure, abeille le pique

Elad Lassry, Untitled (Ghost), 2011

vidéo vue à Rentilly, samedi après-midi

pourquoi s’arrêter en si bon chemin

 

Un matin, à Toyonaka, Lalou m’avait ramené un verdier, inerte, dans sa gueule. Au-dessus, je voyais les yeux rieurs de Lalou, réjouis au-delà du réjouissement, Vois, c’est pour toi. Mulots, moineaux, tout ce qui était petiot, elle me l’offrait. À part les mulots à qui elle avait déjà tordu le cou à 180º, les ziaux étaient toujours vivants. Il suffisait d’éloigner le chat, de les prendre et de les ranimer avec un peu d’eau sur le bec, puis d’aller les déposer dans un jardin, le plus loin possible de la maison. Ce que je fis pour le verdier.

Las, l’après-midi même, tandis que je parlais au téléphone, je me retournai machinale et vis sur le tatami l’oiselet vert, pour de bon inanimé. Mort pour de vrai.

Dans cette répétition, j’avoue, j’ai vu quelque chose de diabolique.