journal

légende

Pour Sylvain

 

 

Mérimée raconte une légende que j’ai toujours à l’esprit : comment don Juan, se promenant chaud de vin, sur la rive gauche du Guadalquivir, demanda du feu à un homme qui passait rive droite en fumant un cigare, et comment le bras du fumeur (qui n’était autre que le diable en personne) s’allongea tant et tant qu’il traversa le fleuve et vint présenter son cigare à don Juan, lequel alluma le sien sans sourciller et sans profiter de l’avertissement, tant il était endurci.

 

Franck Venaille, C’est nous les Modernes

cueillant un livre… AU HASARD

 

Maeterlinck, admirablement, décrit ce qu’il advient de certains d’entre nous qui ont senti l’odeur du sang plus tôt que d’autres. Ces vulnérables, les voici : Ils sont étranges. Ils semblent plus près de la vie que les autres enfants et ne rien soupçonner, et cependant leurs yeux ont une certitude si profonde qu’il faut qu’ils sachent tout et qu’ils aient eu plus d’un soir le temps de se dire leur secret. Ces êtres étranges, Maeterlinck les nomme « les avertis ». Ils savent. Ils ressentent déjà les premiers signes du mal. Ils ne se trompent pas sur les raisons profondes de cette douleur ! Je ne sais pas pourquoi mais je sens que chacun des poètes que j’aime est une sorte d’ancien averti qui a conservé en lui une part de l’innocence du petit Yniold. Si la poésie possède un sens c’est bien de prendre en charge ces hommes et ces femmes qui semblent demander pardon d’une faute inconnue.

 Franck Venaille, C’est nous les Modernes

la plage sans la mer

 

Et si ça n’avait rien à voir avec les vitamines finalement, ni avec le taux d’hématocrite. Et si basta les oméga 3. Et si le changement de couleur du 91 n’y était pour rien – de vert à silver tout de même et sans prévenir, ça chavire. Et s’il s’agissait davantage de silence et de vent. Et si en somme, ce à quoi on aspirerait, c’était juste une plage de temps.

 

un bon début

 

Pas trouvé le titre de mon prochain livre. Pas trouvé le sujet non plus. Pas trouvé l’ombre du commencement d’une idée. Même pas trouvé la première phrase – ce qui peut aider, parfois. Mais un pseudonyme me suis trouvé : Blanche Page.