journal

du pied gauche

 

Partir de chez soi à l’heure où on avait rendez-vous

s’apercevoir à mi-chemin qu’on a oublié l’ordonnance dans le tiroir

revenir sur ses pas colère

repartir triomphale

s’apercevoir à quart-chemin qu’on a oublié son chéquier

revenir penaude

repartir mi-figue

se demander trois-quarts-chemin si on est oui ou non habillée sous son manteau mi-raisin

 

de papier

 

L’avais noté en bleu ciel de mer sur mon agenda de papier, en avais tellement caressé l’idée que le soir venu, plus l’énergie, plus la force, plus la foi. Pas pu quoi, pas pu aller l’écouter jeudi dernier parler de son dernier bouquin de papier. Pour me consoler, je relis Fou civil.

***

Celui qui mange seul aurait bien tort de se priver de décorum. Posé sur une assiette blanche, la boîte de sardines est un étui d’argent contenant des barrettes de vermeil. Un mouchoir brodé sous l’assiette accentue encore l’effet. Si, comme pain, il n’y a que des biscottes, celui qui mange seul ne doit jamais se priver de les extraire de leur emballage et de les dresser en château de cartes représentant le fameux palais de Soliman roi des Djinns, les sardines ne refroidiront pas pour autant et leur parfum pourra entretenir l’appétit de l’architecte de service. L’essentiel, dans un tel repas, est de se ménager des pauses, dans la mastication et la déglutition, comme pour une conversation silencieuse et des toasts portés en l’honneur de qui le mérite et comme il se doit. Celui qui mange seul use pour boire son vin d’un verre à pied dans lequel il consent à verser de la bière ou de l’eau quand le vin manque ou que son humeur n’est pas aux boissons fermentées.

Eugène Savitzkaya, Fou civil, Argol, 2014

pamedi

 

Me dis pas le contraire, c’était pamedi today

Peur panique en voyant un

Pigeon en deuil aux côtés de sa

Pigeonne – comment lui venir en aide ? Or, il se redresse soudain et monte sur elle, je te passe les détails, c’était donc la

Passion il était resté quelque temps en

Pâmoison

 

journée de paix,

un peu

c’est pas de refus.

 

santé, Souley

Pour te faire rire, où que tu sois.

Alors que je rédigeais hier des lettres administratives – il faut de la constance, believe me – devant une série lambda sur l’ordi, un personnage dit : « Bonne question » et au même moment, une voix dans mon smartphone répète : « Bonne question ».

Si c’est pas creepy…

 

 

 

Le 31 décembre 1999, tout le monde craignait le bug de l’an 2000. Je crois bien me souvenir que les billets d’avion étaient donnés. C’était mon premier hiver à Kyoto. Il allait neiger toute la nuit. Je n’étais pas seule à la maison, Lalou était là. Ce soir idem, Lalou chérie est partie mais Odette me tient compagnie, Dis donc, quand est-ce qu’on mange ? T’inquiète, c’est prévu.

De mon côté, j’ai des petits carnets du Cameroun à mettre au propre. Mes résolutions.

Bonne année, les zamis !

 

 

Les fidèles se rappelleront ce mini-film de l’hiver 2005