le brouillard était anglais

 

Wight is Wight était pour moi White is white, ce qui ne me posait absolument aucun problème. C’était nos quinze ans me faisait pleurer par anticipation. Pour un flirt avec toi m’ouvrait un monde assez neuf – commencer « entre tes bras » pour finir « entre tes draps »…  les grandes personnes, quand même !

Je portais des clarks. Ce qui ne m’empêchait pas de connaître par cœur les paroles de La fille avec des baskets. Jusqu’à la fin, je me souviendrai de cette chanson stupide et géniale.

Si le bar était français… Tout est à l’imparfait dans cette chanson parfaite. Me demande ce soir si Paul à son tour rendra hommage à notre chanteur.

effervescence

 

Quand le double efferalgan du matin a comme un bon goût de champagne – ou de vodka si tu préfères mais là tu me ruines la synesthésie – qu’il en devient du coup le meilleur breuvage du monde, bref qu’on en reprendrait bien un cachet histoire d’abuser, alors oui, peut-être est-ce mauvais signe.

 

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N’est-ce pas, Travis ?

 

 

des couleurs et des couleurs

Une robe rouge est-elle encore rouge quand personne ne la regarde ?

Goethe

À cette question cruciale ajoutons cette autre, plus quotidienne sans doute. La robe rouge que je regarde est-elle du même rouge que toi qui la regardes ?

 

no1

 

N’oublierai jamais le jour où je demandai à Michel, étudiant aux Beaux-Arts – en plus, il habitait dans une ville qui s’appelait Louvres, je n’en revenais pas – de me passer l’écharpe rouge qui était à terre.

– Où ça ?

– Ben… là…

– Ah, la bleue !

Comme je le considérai d’une certaine façon, il précisa sa pensée.

– Enfin, disons qu’il y a beaucoup de bleu dans ce rouge…

 

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épiphanie (suite)

Oui, il m’arrive de faire mon Caliméro plus souvent qu’à mon tour. Or, il y a quelques semaines à peine, je fus cueillie. Joliment cueillie. J’avais raconté à quelques étudiants ma « découverte » de la pomme de terre (épiphanie du 7 juin). Et puis le dernier jour de classe, ce ne sont pas des fleurs que je reçus comme cadal…

 

 

Qui es-tu, toi ?

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J’entends pas…

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Monsieur qui ?

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Ah ! Monsieur Pomme de Terre !

Enchantée, moi, c’est Pomme. Tout court.

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Oui, je sais lire, pourquoi ?

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Tu sais, Monsieur Pomme de Terre, tu es ici chez toi.

Enlève donc ton chapeau

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mirage syndrome

 

Pas ça d’imagination. Que dalle. Jusqu’à hier.

Il me restait des boulettes de viande « recette suédoise » que je pouvais faire cuire dans une poêle et avec une poignée de légumes, ça devait ressembler à quelque chose. Peut-être étais-je contrariée. Sans le vouloir, une étudiante me privait d’une soirée avec des amis, je croyais avoir digéré le truc mais j’étais dans le mécontentement. Après le départ de la jeune fille satisfaite de mes explications sur l’emploi du subjonctif, je prépare ma poêlée quand soudain ça me dégoûte. L’odeur m’insupporte. Vite, ouvrir la fenêtre, tenter de se raisonner. La dernière fois, c’était très bon, ces boulettes suédoises – avec de la confiture et des pommes de terre, avec du poisson aussi et du concombre mariné dans du vinaigre blanc. Ça sent ce soir la chasse, la bête traquée. Il y a du cerf là-dedans, c’est sûr. Je suis en train de manger Bambi.

Malade toute la nuit. Au matin, je n’y tiens plus. Qu’y avait-il dans la composition ? Du daim ? De la belette ? Du renard au moins ? Je lis écrit en tout petit : bœuf + porc = zéro gibier.

Rien n’est perdu pour moi. Vois, l’imagination qui commence à poindre le bout de son andouiller.

 

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Ou alors je perds la boule ?

En attendant, j’arrête la viande quelque temps.

Noël en décembre

 

Toute petite, me suis retrouvée dans un cirque, chapiteau et tout. N’oublierai jamais la blague du clown : un escargal, des escargots. Magique ce fut. Depuis, fatal, j’accommode. Je viens de recevoir un très beau cadal.

 

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voire des cadals

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comme si c’était Noël !

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Comment ça, c’est Noël ? On ne me dit jamais rien, à moi

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Alors, là, c’est tout Camille, ça

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Nan nan, c’est pas un autoportrait

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Là, en revanche…

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Heureusement, il y a souvent un happy end

l’art à la rescousse

 

Quand José s’est levée en pleine nuit, elle a senti de l’eau sous ses pieds. Un tapis liquide. Les radiateurs avaient explosé sans qu’elle entende rien.

Il a fallu passer la moitié de la nuit qui restait à remplir puis vider des bassines d’eau marronnasse, appeler les services compétents, attendre dans une odeur de moisissure. Ça sent encore et regardez, ce n’est toujours pas sec.

Elle me confie plus tard. Une seule chose m’a sauvée de l’extrême ennui de la situation, le souvenir de Max Ernst. Oui, l’espace d’une seconde, dans le noir, je me suis retrouvée dans un tableau de Max Ernst.

 

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Une semaine de bonté