Mois: juin 2015

de l’éphémère

 

Depuis que j’ai provisoirement intitulé mon manuscrit Le grand méchant Loume, je vois des loumes partout. Chez l’Artisan parfumeur, chez Camille Becquet dans son exquis Manger, dans des articles de revue – j’exagère à peine, que viennent faire ces loumes marins dans le dernier numéro de Sciences et avenir, avril/mai, p. 81, l’article est chavirant, j’avoue, merci Anne. Jusqu’à Iris, la petite voisine, qui chante à tue-tête Loume, y es-tu, sous prétexte qu’elle n’a pas école. Diable, diable…

Je crois que je vais devoir changer de titre provisoire. Et pourquoi pas Le capital sympathie des papillons ?

Zzzzz

    4. Lectures

Moustiques est le titre d’un roman de Faulkner que je n’ai jamais lu.

Mais je m’y promène les yeux fermés.

Et j’entends les claques sonores que les personnages se donnent à la volée.

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5. Allègement

En été, on s’allège.

On devient léger comme une plume.

On imite le moustique au corps minuscule.

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10. Choses inexplicables

Parfois et contre toute attente

Les moustiques ne viennent pas.

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11. Énigmes naturelles

Ils aiment les feuillages du noisetier.

Tout près de la voiture.

Pour quelle raison ?

On aimerait savoir.

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  1. Heures favorites

Ils aiment certaines heures

Et pas d’autres.

Le matin ou le soir. Certaines heures de la nuit.

Et 15h17.

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Marc Kober, Traité du moustique en zone libre, gravures de Vincent Rougier

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AVIS !

Marc signera son livre au Marché de la Poésie, place Saint-Sulpice, ce vendredi 12 juin à 18 heures, stand 503, près du podium et de la fontaine

clic

 

Dans le tramway 3a, une fillette en poussette plonge régulièrement sa menotte dans un sac de bonbons tout en regardant autour d’elle avec assurance. Soudain, elle se fige. Debout, côté fenêtre, une grande personne en costume est en train de démaillotter une sucette. L’enfant arrondit la bouche, ouvre grand ses yeux myosotis, oublie tout. Le monde se craquèle. L’homme se sent observé, rend son regard à la gourmande. Intense émotion de part et d’autre.

Clic.

colin-maillard

 

Une énigme à résoudre et c’est comme si je me bandais les yeux moi-même . Je cherche un peu, pour rire, abandonne très vite, m’y remets mollement, à la paresseuse, tournoyant dans toutes les fausses directions. Jusqu’au moment où – choisis ton onomatopée, ô lectrice, ô lecteur – c’est limpide. Adieu, bandeau. C’était là, devant moi, même pas caché. Quand ça crève les yeux, on n’y voit plus rien.

Flashback. Je chausse des lunettes pour la première fois. Je trouvais naturel de voir flou quand un objet se trouvait au loin (dame, il est tout là-bas). L’oculiste m’apprend que non. L’idée de porter lunettes m’amuse, c’est beau les lunettes. Je déchante sec le premier jour. Voir net, ça donne le vertige.

Tâches de la semaine : relire La lettre volée, revoir Vertigo, passer un test d’intelligence.

épiphanie

 

Le peu de jardinage que je sais, je le dois à Frances. Dans son jardin de l’arrière-pays niçois, je touchai pour la première fois à un râteau de jardinage. Je commençai à ratisser sous le soleil et très vite, devinai sous les dents de l’instrument des légumes qui ne demandaient qu’à sortir à ciel ouvert. Je m’attendais à des carottes, des navets. Ce furent des pommes de terre. Et c’est exactement à ce moment-là, et non avant, que je compris POURQUOI on disait : “pomme de terre”. J’avais 28 ans. L’autre siècle, le vrai.