Kyoto

la petite chérie

 

Me suis attelée durant ce séjour à ne pas trop marcher dans mes traces de pas. Fréquenter la piscine le matin n’est pas de la répétition  mais une drogue  particulièrement sympathique.  Sinon, pas erré dans mon ancien quartier. Pas poussé la porte du bar Fantôme. Pas acheté d’encens.

Difficile pourtant d’ignorer le marché de Kitano-Temmangu qui a lieu chaque 25 du mois. Je n’y avais pas mis les pieds depuis deux ans. La dernière fois était particulièrement joyeuse. Hier, la foule était moins dense, le ciel bas, les prix un scandale. Vite, fuir les marchands du temple.

Fortunément, la petite chérie était là, celle à qui tout le monde flatte la tête avant de se frotter la sienne. On lui caresse  aussi le dos et le ventre,  toutes les parties du corps.  Après avoir touché ses pattes, une vieille dame n’en finissait plus de se marteler les jambes. On aurait dit une danse.

 

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Je lui ai dit que je rentrais mardi.

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Elle m’a dit  Je sais bien, va.

fantôme syndrome

 

Ta tête est partie loin, à l’aéroport, bagage enregistré, en plein vol  maintenant et bientôt dans ton quartier, elle est déjà rentrée en France ta tête quand on vient lui dire que non. Au corps de s’y faire, maintenant, à ce guingois.

 

Il se déplace dans la ville familière, différente. Ce n’était pas le décor prévu, cette île flottante. Les voisins lui disent Alors, vous êtes encore là ? Et pour combien de temps ? Sourires confus. Gestes en l’air.

 

Imagine le jour où personne ne te posera plus la question car on ne te verra plus vraiment, tu seras là sans être là. Ne serait-ce pas cela, être fantôme, aller et venir, aller et revenir sans qu’on te remarque plus que ça.  Pas si mal, finalement. Ah,

rester là indéfiniment

à manger des aliments blancs

 

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matsuri

 

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photo : Sylvain Cardonnel

Imagine,  sans  prévenir,  à plusieurs milliers de km,  ton meilleur ami t’envoie des images de fête,  comme ça,  histoire de  te  faire sourire.   Il  doit  faire  bien chaud  encore  à  Kyoto.   Au  Jisô-bon,  cette année, une première :  le nagashisômen – quelque chose  comme « flot de nouilles » ou « nouilles  flottantes ».  Les sômen, blanches et fines  à  la  limite  de  la  finesse, glissent au fil des glaçons le long du lit de bambou. Ah, les pêcher,  toutes  fraîches, avec les kids,  pour  les  tremper ensuite dans un clair dashi ad hoc !

Comment dire, c’est dimanche.