journal

Sophie’s box (bis)

 

Récapitulons.

Il y eut du monde et du beau chez Amélie hier nuit

pour ouvrir La Boîte de Sophie

pour savoir ce qu’elle recelait…

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cinq fanzines de photographies qu’on projeta en boucle

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avec têtes

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sans têtes

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avec la tête de Philippe Dumez

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ou sans

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le principe de toutes ces photographies

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étant que l’appareil photographique est posé au sol

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car Philippe Dumez est un garçon de principes

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et si jamais il triche

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il le dit

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Franchement, je ne comprends pas que tu ne sois pas venu.

~

~

Philippe Dumez et Jean-Philippe Talaga

ouvrent La Boîte de Sophie

Atelier Amélie Blaise

3 rue Godefroy Cavaignac

75011 Pantruche

Métro Charonne

Sophie’s box

 

–  C’est quoi, au juste, la boîte à Sophie ?

– Je t’arrête tout de suite, c’est pas la boîte à Sophie mais La Boîte de Sophie et j’y cours demain

– Et en quoi ça consiste ?

– C’est du Philippe Dumez tout craché, vois-tu

– Tu ne réponds pas précisément à ma question

– Quelle est-elle donc ?

– QU’EST-CE QU’IL Y A DANS CETTE PUTAIN DE BOÎTE, BORDEL ?

– Oh là là, les gens qu’aiment pas les surprises…

 

Sophie's box

Exposition LA BOÎTE DE SOPHIE

Philippe Dumez, Jean-Philippe Talaga

samedi 6 février 2016

à partir de 12h

vernissage à 18 h

à l’Atelier Amélie Blaise

3 rue Godefroy Cavaignac

75011 Pantruche

Métro Charonne

les ptits jeudis

 

Le matin, c’est la radio qui me réveille. Je bois mon café au lait dans un joyeux boucan. Plus tard, après l’école et les devoirs, Nounou me dit, Allume le poste. Il y a deux chaînes en noir et blanc. Le soir, pas question de rater le feuilleton du soir. Le jeudi après-midi, il y a « Les petits jeudis ». Allume le poste. Installée sur le canapé, je dévore tout ce qui passe. Mon idole est un canard qui s’appelle Saturnin. Sa voix m’hypnotise, surtout quand il répète, haletant, la belette, la belette. Nounou repasse au milieu de la salle et s’essuie les yeux de rire. Il y a cette bonne odeur de fer chaud, le bruit qu’il rend sur le linge humidifié par les pattemouilles. On est jeudi, le plus beau jour de la semaine.

Mais comment jamais pardonner à Jean Tourane de m’avoir fait croire au fil des épisodes que l’oiseau qui jouait Saturnin était une seule et même volaille.

Le capital sympathie des papillons, extrait

~

abri

ils me parlent

 

Les fous me parlent. Ça ne manque jamais, au milieu d’une foule, c’est vers moi qu’ils foncent. Tout à l’heure, une dame enturbannée vient me cueillir à l’arrêt du bus, Il y a eu trois 26 déjà et aussi deux 86 ! Ah, elle compte les bus. It’s OK with me.

Et toi, tu prends lequel, mademoiselle ? Quand on m’adresse la parole avec courtoisie, je réponds toujours, Le 26. Du coup, elle monte avec moi, installe tout son bazar et prend la place de quatre passagers. Je m’adosse avec mon jasmin d’hiver, Tu t’assois pas ? Nan nan, je descends bientôt. Elle fouille dans son cabas de géante, j’apprends qu’elle sort de l’hôpital, J’ai acheté des crêpes mais je vais plutôt manger une mandarine. J’abonde dans son sens, C’est plein de vitamines. Elle commence à la peler, ça sent très bon dans l’habitacle. Soudain, quand les portes du bus s’entrouvrent, elle lance ses épluchures sur les voyageurs qui montent, se retourne vers moi et pousse un hurlement de rire, puis se rassied pour déguster ses derniers quartiers oranger en toute quiétude. Au moment de descendre, je la salue mais elle m’a déjà oubliée.

 

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un quoi ?

 

Camille vient d’ouvrir une fenêtre qui n’est pas près de se refermer.

Il rutile de tout son être, lui. Il rutile sans autre option que de rutiler. Il rutile, inutile en sous-sol ou en altitude. Il se mesure au briquet, c’est à qui sera le plus rouge. Il rutile mon rubicond au lieu de faire des photos comme tout le monde alentour. Parfois, il sonne.

Chez les adolescents, me confie Camille, mon bon vieux rutilant à clapet s’appelle un téléphone de dealer.

 

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santé, Souley

 

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(virgule)

il était passé à la maison avec un disque. On l’avait mis et il m’avait demandé, inquiet, C’est bien, non ? C’était L’éclaircie. Toujours un peu de mal aujourd’hui avec la batterie des années 80 mais à chaque fois que j’écoute cette chanson, je revois l’air incertain de Souley puis son sourire apaisé quand j’acquiesce.

À l’époque, C’est vrai, l’hiver dure trop longtemps faisait sens. Devenu caduc depuis. Reste en revanche avéré for ever and a day,

Sans toi toutes les couleurs se fanent en une fine pellicule de poussière un peu sale