les ptits jeudis

 

Le matin, c’est la radio qui me réveille. Je bois mon café au lait dans un joyeux boucan. Plus tard, après l’école et les devoirs, Nounou me dit, Allume le poste. Il y a deux chaînes en noir et blanc. Le soir, pas question de rater le feuilleton du soir. Le jeudi après-midi, il y a « Les petits jeudis ». Allume le poste. Installée sur le canapé, je dévore tout ce qui passe. Mon idole est un canard qui s’appelle Saturnin. Sa voix m’hypnotise, surtout quand il répète, haletant, la belette, la belette. Nounou repasse au milieu de la salle et s’essuie les yeux de rire. Il y a cette bonne odeur de fer chaud, le bruit qu’il rend sur le linge humidifié par les pattemouilles. On est jeudi, le plus beau jour de la semaine.

Mais comment jamais pardonner à Jean Tourane de m’avoir fait croire au fil des épisodes que l’oiseau qui jouait Saturnin était une seule et même volaille.

Le capital sympathie des papillons, extrait

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abri