étonnations

sagesse estudiantine

 

Nous venons de lire quelque part que le roi a les cheveux qui ont blanchi ; « blanchi » pose problème. J’en profite pour glisser que c’est vraiment très facile de composer ces verbes qui parlent de devenir, surtout avec les adjectifs de couleur. Noir donne noircir etc., et à propos, nous sommes en automne. Regardez les feuilles des arbres autour de vous, elles… elles…

– Elles tombent !

 

 

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empathie

Assise ce matin à côté d’une personne de petite taille. Plus émue, je ne sais pourquoi, que lorsque je croise un aveugle ou quelqu’un en fauteuil roulant. Ou un fou, une folle. Là, je sais pourquoi.

Un changement plus tard, un Africain sur l’autre rive et sans doute au-delà, hurle aux voyageurs, depuis le quai où il tangue, NE PLEURE PAS ! NE PLEURE PAS ! MAIS POURQUOI TU PLEURES ! NE PLEURE PAS !

colin-maillard

 

Une énigme à résoudre et c’est comme si je me bandais les yeux moi-même . Je cherche un peu, pour rire, abandonne très vite, m’y remets mollement, à la paresseuse, tournoyant dans toutes les fausses directions. Jusqu’au moment où – choisis ton onomatopée, ô lectrice, ô lecteur – c’est limpide. Adieu, bandeau. C’était là, devant moi, même pas caché. Quand ça crève les yeux, on n’y voit plus rien.

Flashback. Je chausse des lunettes pour la première fois. Je trouvais naturel de voir flou quand un objet se trouvait au loin (dame, il est tout là-bas). L’oculiste m’apprend que non. L’idée de porter lunettes m’amuse, c’est beau les lunettes. Je déchante sec le premier jour. Voir net, ça donne le vertige.

Tâches de la semaine : relire La lettre volée, revoir Vertigo, passer un test d’intelligence.

épiphanie

 

Le peu de jardinage que je sais, je le dois à Frances. Dans son jardin de l’arrière-pays niçois, je touchai pour la première fois à un râteau de jardinage. Je commençai à ratisser sous le soleil et très vite, devinai sous les dents de l’instrument des légumes qui ne demandaient qu’à sortir à ciel ouvert. Je m’attendais à des carottes, des navets. Ce furent des pommes de terre. Et c’est exactement à ce moment-là, et non avant, que je compris POURQUOI on disait : “pomme de terre”. J’avais 28 ans. L’autre siècle, le vrai.

 

 

 

gagner son pain

 

Je savais qu’il existait bien des métiers en ce monde. Mais c’est Alessio, danseur et chorégraphe, qui me fit part d’une façon un rien singulière de gagner son pain : recenser pour une société d’emballage le nombre de stylos contenus dans une boîte à chaussures. Voilà l’occupation à laquelle, à la fin des années 2000, se livrait sa colocataire, qui disposait d’un nombre incalculable de boîtes (à chaussures) (de stylos) dans sa chambre.

Je m’en souviens comme si c’était hier. Merci, Alessio.