Camille Becquet

jouable ?

 

Elaine m’a conseillé de dresser la liste de tout ce que j’aimerais faire – de jouable – avant de partir pour de bon. Une bucket list, she says. Tout c’est beaucoup. Asteure :

– monter à cheval      (variante : monter à cheval au galop)

– savoir et voir OÙ dorment les oiseaux quand ils vont se coucher

– visiter le musée Gustave Moreau, Orsay, le Louvre… de nuit, d’autres nuits que Les Nuits blanches, sans presque personne

– visionner Où est Musette, le making-of de La vie de bohème de Kaurismäki (où, semblerait-il, Matti lit son texte en français sur le front de sa partenaire)

– comprendre quel animal je suis, appartenant à quelle espèce, rien n’est sûr

– poser pied en Afrique Noire, compliqué

– grandir (j’ai commencé)

 

lucky 2

© Camille Becquet

instants becquettiens

 

Mon studio en hauteur jouit d’une jolie vue sur Paris, hélas, un immeuble cache malencontreusement la tour Eiffel. J’ai demandé à ce que tout ça soit rasé, mais ça traîne, ça traîne !

 

Certains comprennent que si vous mettez 8 torchons à disposition, il faut utiliser les 8 torchons.

 

Depuis qu’il a oublié son spray et ses pastilles anti-ronflements, je sais qu’il n’est pas de tout repos de dormir auprès de Keith.

 

chat

~

Camille Becquet, Room Service – Airbnb my guest

camillebecquet.com

Noël en décembre

 

Toute petite, me suis retrouvée dans un cirque, chapiteau et tout. N’oublierai jamais la blague du clown : un escargal, des escargots. Magique ce fut. Depuis, fatal, j’accommode. Je viens de recevoir un très beau cadal.

 

DSC06167

voire des cadals

DSC06165

comme si c’était Noël !

DSC06166

Comment ça, c’est Noël ? On ne me dit jamais rien, à moi

DSC06169

Alors, là, c’est tout Camille, ça

DSC06168

Nan nan, c’est pas un autoportrait

DSC06164

Là, en revanche…

DSC06170

Heureusement, il y a souvent un happy end

de l’éphémère

 

Depuis que j’ai provisoirement intitulé mon manuscrit Le grand méchant Loume, je vois des loumes partout. Chez l’Artisan parfumeur, chez Camille Becquet dans son exquis Manger, dans des articles de revue – j’exagère à peine, que viennent faire ces loumes marins dans le dernier numéro de Sciences et avenir, avril/mai, p. 81, l’article est chavirant, j’avoue, merci Anne. Jusqu’à Iris, la petite voisine, qui chante à tue-tête Loume, y es-tu, sous prétexte qu’elle n’a pas école. Diable, diable…

Je crois que je vais devoir changer de titre provisoire. Et pourquoi pas Le capital sympathie des papillons ?

instants becquettiens

N – Prénom

Dans son école primaire, il y avait une deuxième Nina, extrêmement populaire.

C’est pourquoi elle, on l’appelait “l’autre”.

D – Surnom

Il était dans la classe supérieure de leur lycée.

Il était beau, distant, mais surtout il avait l’oreille absolue.

Il jouait de la guitare comme un virtuose.

Ils l’appelaient Dieu.

W – Prénoms

Tous les garçons asiatiques de l’école de mes enfants portent des prénoms très français ou anglais : Rémi, Philippe, William…

Ils ont un vrai prénom chinois mais refusent de le dire. C’est des malins, ils ont bien compris qu’une fois que l’on donne son véritable nom à son interlocuteur, celui-ci prend le pouvoir sur vous.

Il faut garder son nom secret.

Camille Becquet, Prénoms (et autres)

universel

 

Il est plus âgé que ma cousine et moi. Il est venu avec son frère, anecdotique, insignifiant. Nous nous enfermons dans la chambre et nous enregistrons une fausse émission de radio sur une cassette. Il fait les spots publicitaires. Il déclame : « Buvez Coca-cola, le seul dentifrice qui vous donnera des cheveux secs. » Le slogan s’imprime dans ma mémoire. Je suis amoureuse.

Je tombe toujours amoureuse des garçons qui me font rire. Parfois, ils sont cyniques.

 Camille Becquet, Journal intime universel