Camille Becquet

la faute à Jazz

 

Jazz, le chat des voisins, a débarqué l’autre matin, faisant fuir toute la population ailée pendant des heures. Le désert pendant des heures. Et si. Et s’il n’y avait plus de merles énervés, plus d’oiseaux tout courts, mon ptit spectacle vivant perso, plus le moindre rouge-gorge, plus de geais, plus de leurs apparitions fugaces, plus d’eiders. Plus de chats non plus (adieu, Jazz ?), plus de papillons, de dalmatiens. Plus de coccinelles. Plus Bubulle. Ni méduses ni limaces – en bandes, je ne suis pas inconditionnelle mais une ou deux, quelle danse parfois.

 

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Je veux dire plus du tout, avec la voix de Maurice Ronet dans Le feu follet lorsqu’il avoue au serveur sidéré qu’il ne boit plus du tout. Ni pandas ni éléphants – ni éléphanteaux du même coup, non mais tu vois le tableau. Ni Baloo ni Shere Khan. Ni boas ni serpentaires. Ni paramécies, je te jure. Ni varans ni tortues ni cigales ni aragnes ni abeilles ni buses ni… unaus ?

 

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C’est bien simple, je crois que j’annulerais tout sans hésitation.

© Daido Moriyama

la vie

 

Je pense qu’une cicatrice, c’est quelque chose qui ne se referme jamais vraiment, qui peut se rouvrir à tout moment. Ce n’est plus douloureux mais c’est sensible.

C’est un point de faiblesse.

Camille Becquet, Cicatrices

 

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© Camille Becquet, Deux sœurs

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jouable ?

 

Elaine m’a conseillé de dresser la liste de tout ce que j’aimerais faire – de jouable – avant de partir pour de bon. Une bucket list, she says. Tout c’est beaucoup. Asteure :

– monter à cheval      (variante : monter à cheval au galop)

– savoir et voir OÙ dorment les oiseaux quand ils vont se coucher

– visiter le musée Gustave Moreau, Orsay, le Louvre… de nuit, d’autres nuits que Les Nuits blanches, sans presque personne

– visionner Où est Musette, le making-of de La vie de bohème de Kaurismäki (où, semblerait-il, Matti lit son texte en français sur le front de sa partenaire)

– comprendre quel animal je suis, appartenant à quelle espèce, rien n’est sûr

– poser pied en Afrique Noire, compliqué

– grandir (j’ai commencé)

 

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© Camille Becquet

instants becquettiens

 

Mon studio en hauteur jouit d’une jolie vue sur Paris, hélas, un immeuble cache malencontreusement la tour Eiffel. J’ai demandé à ce que tout ça soit rasé, mais ça traîne, ça traîne !

 

Certains comprennent que si vous mettez 8 torchons à disposition, il faut utiliser les 8 torchons.

 

Depuis qu’il a oublié son spray et ses pastilles anti-ronflements, je sais qu’il n’est pas de tout repos de dormir auprès de Keith.

 

chat

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Camille Becquet, Room Service – Airbnb my guest

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Noël en décembre

 

Toute petite, me suis retrouvée dans un cirque, chapiteau et tout. N’oublierai jamais la blague du clown : un escargal, des escargots. Magique ce fut. Depuis, fatal, j’accommode. Je viens de recevoir un très beau cadal.

 

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voire des cadals

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comme si c’était Noël !

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Comment ça, c’est Noël ? On ne me dit jamais rien, à moi

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Alors, là, c’est tout Camille, ça

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Nan nan, c’est pas un autoportrait

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Là, en revanche…

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Heureusement, il y a souvent un happy end

de l’éphémère

 

Depuis que j’ai provisoirement intitulé mon manuscrit Le grand méchant Loume, je vois des loumes partout. Chez l’Artisan parfumeur, chez Camille Becquet dans son exquis Manger, dans des articles de revue – j’exagère à peine, que viennent faire ces loumes marins dans le dernier numéro de Sciences et avenir, avril/mai, p. 81, l’article est chavirant, j’avoue, merci Anne. Jusqu’à Iris, la petite voisine, qui chante à tue-tête Loume, y es-tu, sous prétexte qu’elle n’a pas école. Diable, diable…

Je crois que je vais devoir changer de titre provisoire. Et pourquoi pas Le capital sympathie des papillons ?