Henri Michaux

linotte

 

Un aveu à te faire. Il a fallu que je passe ce matin devant le Raymond Queneau collège pour m’en rendre compte. Voilà, je suis oublieuse.

Non seulement j’oublie tout mon vocabulaire et les anniversaires et puis qu’on est tous frères ; non seulement le retour des saisons, les sacrées décisions, le truc du forgeron ; tout tout tout, de Jean-Mo la dégaine, l’âge du capitaine, comment rester sereine ; le goût du bon tabac, même que t’en auras pas, et puis si, en voilà ; dans les yeux mettre des gouttes, quel animal glougloute, à quoi on joue au jouste.

J’oublie courir les rues, j’oublie fendre les flots, j’oublie battre campagne. De plus en plus souvent j’oublie que tout est poésie.

 

photo (floue) de dessin (pas flou) de Michaux

mes occupations

 

On a un jeu avec Camille. Elle décrit une photo et je la dessine – je dis je, on est deux, il y a aussi Philippe. Ensuite, elle publie la photo. J’étais en train de dessiner hier, sachant qu’un ami m’attendait sur skype. Seulement, il y avait ma neige. Je n’avais pas fini ma neige. Il a attendu, l’ami. La neige, d’abord.

Et j’ai repensé à ce texte de Michaux (le premier de Faits divers dans Face aux verrous) :

Ne confondant pas le but avec les circonstances, ni les impressions avec les faits, Blanchette notre vache fait avant tout sa porcelaine. Dès qu’il y a matière à comparer, elle voit combien elle a raison, combien sont vaines les distractions et sans portée et sans profondeur. Elle ne lève plus la tête, mais comme elle est emplie de lait, elle se laisse traire, entendu seulement qu’on ne touchera pas à sa porcelaine.

Et c’était bien.

interviou de Wilfried* (part 1)

Il faisait la première partie de Manuel Bienvenu à l’Espace  B, au printemps dernier. C’était beau. J’ai eu envie d’en savoir plus. D’où l’interviou.

 

Où l’on apprend que Wilfried* est un revenant

wil

– À 34 ans, à 34 ans seulement je découvre la seiche. Je l’adopte et j’ai cru comprendre, après des heures et des heures de station devant elles qu’elles aussi m’adoptaient, écrit Michaux à Supervielle. Un commentaire ?

– Ça me fait penser à un autre poète que j’aime bien, Francis Ponge, qui a écrit Notes pour un coquillage. En l’occurrence, le coquillage ne l’a pas adopté mais cette idée d’une maison, d’une habitation qui soit à la mesure de l’homme… Il parle des églises, il dit qu’elles sont immenses, qu’elles écrasent l’homme. Les hommes sont des fourmis au milieu des églises et il aimerait que leurs demeures épousent leur corps, soient à leur mesure, à leur taille, qu’ils puissent glisser à l’intérieur et qu’elles soient très proches de leur peau. Donc, il parle des coquillages…

– Michaux a découvert la seiche. Pour toi, qu’est-ce que ça pourrait être ?

– Il y a des découvertes tardives… Ce qui pourrait être marquant pour moi, sans doute, les textes gnostiques, j’ai beaucoup lu de textes religieux, même la Bible tout simplement…

– D’où vient Tonnerre, intellect parfait, justement ?

– De codex retrouvés en 1945 en Égypte. Ça s’appelle la bibliothèque de Nag Hammadi. Ce sont des papyrus qui regroupent les derniers témoignages de groupes religieux considérés comme des sectes, comme hérétiques par l’Église. C’étaient des disciples de Jésus qui avaient d’autres conceptions, cosmogoniques, un peu révolutionnaires à l’époque… Le monde était une espèce d’illusion entretenue par un démiurge, un démiurge fou en fait… et c’était par la connaissance qu’on pouvait sortir de ce monde.

Ça me semblait important que ce soit dit par une femme. C’est un personnage féminin. Ça allait bien avec l’album Matrice – ceci dit, Matrice, c’est aussi le titre d’un album qui préexistait, c’est Gérard Manset qui avait fait Matrice dans les années 80. Voilà, c’est une femme, c’est une déesse, c’est une sorte d’incarnation du Saint-Esprit avec sa dualité, son ambivalence, elle est une chose et son contraire en même temps, c’est ça qui m’intéressait…

– Ce qu’on retrouve beaucoup dans tes textes

– L’ambivalence, oui, le paradoxe, l’ambiguïté, la dualité même, ça m’intéresse effectivement.

– Il y a d’ailleurs dans Matrice un duo avec Chloé Delaume

– Chloé ? On se connaît depuis longtemps, depuis une dizaine d’années, on a fait des fêtes ensemble, on a des amis en commun, enfin voilà, on se connaît. Et elle avait ce texte inspiré par la série américaine Dexter et du coup, elle voulait une musique un peu lewiscarrollienne, un peu rétro comme ça, onirique… un peu comme un vieux film aussi… anglais… Elle avait la mélodie, les paroles, après, moi j’ai fait la deuxième voix. Je trouvais que ça rentrait bien dans le cadre du disque en fait, même si j’avais un peu de mal avec le texte qui est assez violent, c’est quand même une femme qui dévore un homme et lui, il se laisse dévorer…

– C’est vrai mais avec la musique, c’est très… acceptable ! (rires)

– Oui ? Après, j’ai réussi à mettre La Revenante. Finalement, j’étais content de mon tracklisting… C’est peut-être moi qui reviens dans La Revenante… Je me fais peut-être dévorer mais je reviens après donc je suis sauf !

double

liens vers Wilfried*

https://www.facebook.com/wilfried.etoile

http://wilfried.bandcamp.com/

interviou

 pfffff

 Dis-moi, Hodie,

quel est ton animal préféré ?

bof

On avait dit pas d’interviou

tumgonfles

Allez, quoi… l’animal que tu aimes le plus au monde

tumargarde

Tu as bu ou quoi ?

Sans rire, Michaux a écrit dans une lettre à Paulhan :

À 34 ans, à 34 ans seulement je découvre la seiche. Je l’adopte et j’ai cru comprendre après des heures et des heures de station devant elles qu’elles aussi m’adoptaient.

personne, jtedis

C’est beau, non ?

alors que la vie

Qui ça ?

kesskon avaidi

Pas mal…

pour personne

mais on avait dit pas d’interviou.