Philippe Guerry

« si je devais formuler trois vœux »

 

Je considère qu’obliger les enfants à interrompre leur sommeil pour aller travailler, fût-ce à l’école, est une forme de maltraitance.

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J’aimerais bien visiter New York. Je n’ai pas envie d’aller aux États-Unis.

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Le rap, j’attends l’étincelle, mais je ne dois pas avoir le bon silex.

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Si je devais formuler trois vœux, je serais bien emmerdé car les génies sont malins.

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Si une bouteille de Tabasco traîne à la maison, j’en mets partout.

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Je n’ai pas encore intégré dans mon paysage mental les gens qui vapotent. J’ai toujours l’impression qu’ils portent à la bouche une sorte de pièce de moteur.

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J’ai cru qu’il existait un pays qui s’appelait l’Élande, proche de la Finlande et où vivaient évidemment des élans. J’ai fait tardivement le lien avec les Landes.

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Je crois que les choux de Bruxelles sont une invention du diable.

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Ne jamais douter c’est comme ne jamais se laver.

Philippe Guerry, si je suis levé

not guilty

 

J’ai vécu rua do Laranjal, dans le quartier d’Ajuda à Lisbonne. Nous aurions aimé nous installer à Lisbonne. On a toujours l’espoir qu’on mènera une vie différente en s’installant loin de chez soi. Ne pas mener la vie que l’on attendait de moi aura été a posteriori une constante inconsciente dans nombre de mes choix. J’ai souvent l’impression d’avoir développé un certain talent dans l’art de décevoir, talent dont je me suis accommodé et dont j’apprécie même les saveurs sures. Lisbonne, on n’a pas pu, ou pas su. Par ailleurs, la Calçada d’Ajuda, où nous avons logé récemment lors d’un séjour de vacances, est en pleine phase de gentryfication et nous pouvons nous dire que nous n’y sommes pour rien.

Philippe Guerry, Je ne suis pas un robot

 

 

gentryf

mes occupations

 

On a un jeu avec Camille. Elle décrit une photo et je la dessine – je dis je, on est deux, il y a aussi Philippe. Ensuite, elle publie la photo. J’étais en train de dessiner hier, sachant qu’un ami m’attendait sur skype. Seulement, il y avait ma neige. Je n’avais pas fini ma neige. Il a attendu, l’ami. La neige, d’abord.

Et j’ai repensé à ce texte de Michaux (le premier de Faits divers dans Face aux verrous) :

Ne confondant pas le but avec les circonstances, ni les impressions avec les faits, Blanchette notre vache fait avant tout sa porcelaine. Dès qu’il y a matière à comparer, elle voit combien elle a raison, combien sont vaines les distractions et sans portée et sans profondeur. Elle ne lève plus la tête, mais comme elle est emplie de lait, elle se laisse traire, entendu seulement qu’on ne touchera pas à sa porcelaine.

Et c’était bien.