dans ma rue

 

Trouvé des négatifs dans ma rue,

j’étais drôlement contente

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les ai ramassés,

les ai trimballés dans mon sac toute la journée

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Les gens jettent vraiment n’importe quoi

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Voilà, ça donne ça

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Tu diras ce que tu veux

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moi, je suis drôlement contente.

On danse ?

Kiasmos, Looped

merci, forever and a day, à mon maître de musique

(si le déroulement audio ne s’affiche pas, cliquer sur « audio » ou « listen »)

cache-cache

J’en connais qui s’y croient

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qui croient carrément posséder le don d’invisibilité

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Oui, c’est à toi que je cause,

je ne vois personne d’autre ici

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Eh bien non, mon pauvre ami, tu n’es pas transparent

Quand j’étais petite, on disait : « Il est vitrier, ton père ? »

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Hé ! tu me regardes un peu quand je m’épanche !

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Allez, sors de là, va…

Le dîner est servi.

justesse et discrétion

 

Qui pour apprécier la compagnie des troubadours de la ligne 3, surtout quand on est en tête-à-tête avec un bon bouquin. Pourtant, ce matin-là, cueillie je fus par un yellow  – yellow de la mort, dirait Sabine – yukulélé man égrenant des notes justes et discrètes, discrètement justes. Comble de délicatesse, il semblait mettre une sourdine aux arrêts. Au lieu de se renfrogner, le petit peuple des voyageurs prêtait l’oreille, mine de rien. Loin de déranger ma lecture, il l’a accompagnée. C’est fort, ça.

 

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Babylone

 

Nan, je te jure, j’ai pas trouvé ça drôle. J’ai passé l’âge. Je suis fatigué. En tout cas, ce soir, je l’étais. Même un peu plus. Tigué, j’étais. C’est ça, le mot. Fallait pas m’embêter. J’étais adossé contre un strapontin relevé, côté hublot – viens pas m’embêter, jte dis. Et j’ai fermé les volets. Me suis assoupi quelques minutes. Quand je suis revenu à moi, j’étais à la station « Pomme de Terre ». Je te jure, il y avait écrit « Pomme de terre » comme station de métro. Où suis-je ? « Pomme de terre ». Le cauchemar. On m’a embarqué dans une autre dimension. Sterné j’étais. C’est le mot. Pas compris l’humour. Pas de suite. Pas me faire ça ce soir. Parmentier.

 

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fucking April fool

nice try

 

Je te jure que ça ne va pas. C’était bien tenté, je ne dis pas, ce clin d’œil à Stendhal. Ça prouvait que tu n’étais pas tout à fait n’importe qui, certes ; mais vois-tu, là, c’est raté. Je ne peux pas te mentir. Que veux-tu que je te dise. C’était ardu, je l’avoue, c’était hardi de ta part. Tu n’as pas choisi la facilité, chapeau. À un détail près ça y était, tu aurais touché l’absolu, tutoyé les génies. Oui, tu aurais été des leurs. C’est dur d’échouer si près du but. Permets-moi en conséquence et toute amitié de te rappeler le titre de ce petit roman qui fut publié à titre posthume, histoire de noircir un peu plus le tableau. Le rose et le vert, entends-tu, le ROSE !

 

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Bon, je t’offre un verre ?

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Pourquoi tu prends

toujours tout mal ?

en tout ptit aparté

 

Puis il se raisonne tout haut, en tout petit aparté.

– Ô femme, femme ! toi qui fais l’humanité monomane ! Je t’aime, je t’aime ! Mais qu’est ce mot : Je t’aime ?  D’où vient-il et que sonne-t-il avec ses deux syllabes quelconques et si neutres ? Pour moi, voici ce que je m’ai trouvé. Aime ne me dit quelque chose que lorsque j’associe à ce son, et par une inspiration non fantaisiste, le son du mot britannique aim qui veut dire but. – Ah ! but, oui ! “Je t’aime” signifierait ainsi : “Je tends vers toi, tu es mon but !” Comme cela, à la bonne heure ! si j’y suis ! C’est du grand !

Jules Laforgue, Pan et la Syrinx