Eh non, ce n’est pas qu’une expression

beau comme un camion !

Eh non, ce n’est pas qu’une expression

beau comme un camion !


De la musique avant toute chose

et pour cela

au bateau de nuit

préfère le bateau de jour

sans rien en lui

qui pèse ou qui pose

Faton Cahen : une Guadeloupe de rêve
(si le déroulement audio ne s’affiche pas, cliquer sur « audio » ou « listen »)
Les étrangers du coin s’extasient sur mon niveau de japonais. Pour la vie quotidienne, je sais faire certes, mais dès qu’on aborde des sujets spécifiques… Et puis non, là encore, je me vante. Mon japonais est un japonais de survie. Aidez-moi ! Ne me tuez pas ! Pas tout de suite !
Je me demande si elle a un nom.

Où qu’on porte son regard, elle est là
là où on ne l’attendait pas et pourtant à sa place

évidente

opaque
têtue

Petit à petit, je me surprends à l’imaginer plus près

un peu plus près

toujours plus près

implacablement plus près
De l’autre côté de la route, une sorte de jardin public, longue pelouse ombragée par de beaux grands arbres, au bord du lac immense entouré de montagnes, paysage à la Rilke avec embarcadère où deux fois par jour, le matin vers onze heures, le soir vers dix-neuf heures trente, un bateau arrive entre les arbres.
Il est beau, dit Jeanne.
Oui, dit Paul, ajoutant, il n’y a vraiment que les bateaux pour nous donner le sentiment, puis se taisant, se disant après tout les avions aussi, sans parler des trains et des gares, mais moins que les bateaux pourtant, peut-être parce que c’est plus lent, on s’en va lentement, on revient lentement, quand on revient, si on revient, le bateau accostait lentement, mais les trains aussi partent lentement, entrent lentement en gare, quant aux avions mais les avions ça vole, les trains roulent, les bateaux naviguent, il n’y a donc pas moyen de savoir lequel de ces moyens nous donne, il faudrait que les trains naviguent, que les avions roulent, ils roulent, les bateaux aussi, il faudrait qu’ils volent, comme les avions mais non, non, de toute façon, non, je n’aimerais pas qu’ils volent, non, ce que j’aime dans les bateaux, dit Paul.
Christian Gailly, Be-bop
Tu me connais

tu me connais suffisamment maintenant

je suis incapable de te mentir

alors voilà

je ne sais vraiment pas pourquoi

il n’y a aucune raison particulière

juste, c’est comme ça

il fallait que je te le dise

depuis le temps qu’on se connaît

j’aime le bateau
Pourquoi le nier, j’avais les foies, comprenant sans comprendre l’expression. Comme si j’avais plusieurs foies, d’où le vertige. C’est mon premier hitoritabi (voyage solo) depuis longtemps. Or, dès l’arrivée au port, voyant que je pioche au hasard, un tout jeune chevalier m’offre son aide pour choisir le bon formulaire à remplir. À partir de là, il semble se sentir responsable de moi : m’attend quand j’ai acheté mon billet, choisit où nous asseoir dans la salle d’attente, dans le bateau l’espace commun où se reposer. Yuki-san et moi parlons, parlons au lieu de dormir. Mon appréhension a fondu.
Devant mes alarmes, il m’avait bien prévenue, Sylvain, de la prévenance d’autrui : « On est au Japon ».
