Mois: septembre 2015

comment c’était

 

Elle est si petite cette piscine que je me sens comme une baleine dans un bocal. N’irai plus jamais visiter aucun aquarium, fût-il aussi vaste que le Kaiyûkan d’Osaka – Kai et Yû étaient les noms des deux premiers spécimens du lieu, le mâle et la femelle, inséparables.

Je renonce à compter mes aller-retours parce que c’est fatigant. Pour dire la vérité, si je n’ose, c’est que je ne suis même pas sûre de savoir compter jusque-là.

 

happy

comment c’était

 

Croisé Bruno dans le quartier où je viens de débarquer pour dix jours, non loin du Chemin de la Philosophie. Je ne l’avais vu, littéralement, depuis deux lustres. Lui avais alors parlé de ma joie de vivre au Japon. Il m’avait répondu sans amertume que pour lui, ici, l’essentiel se résumait en un mot,  我慢 – patience. J’écarquillai quelque peu les quinquets, Patience ?

Et longueur de temps. Tout ce dont j’ai besoin aujourd’hui où j’attends au café que la pluie daigne battre un peu moins fort s’il te plaît, que je puisse enfourcher mon vélo deux minutes.

 

accoudee

comment c’était

 

Oh il y a des jours où il en a gros comme ça. On dirait qu’il lui faut vider son sac, tout son sac. Et il y en a là-dedans, à boire et à manger, imagine les conséquences. Bref, ça dure. C’est qu’il en a sur le cœur, tu sais. Carrément gros sur la patate. Le ciel.

 

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voyage à Kyoto

 

Cette fois, je ne pars pas seule. C’est rapide, j’en conviens. Ça s’est décidé du jour au lendemain. D’ailleurs, personne autour de moi ne s’est gêné pour me le faire remarquer. Oui, on vient juste de se rencontrer, chez des amis communs. Que sais-je de lui ? Lui de moi ? Eh bien, sans avoir exactement les mêmes goûts, on ne s’accorde pas si mal. Et quand je lui ai proposé de m’accompagner au Japon, il n’a pas dit non. Voilà, c’est tout. C’est ça, la vie moderne.

 

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ou les deux

 

Un domestique demande à Flaubert, qui a sept ans, d’aller voir à la cuisine s’il y est, et Flaubert y va.

[…]

Quand il fut grand, Flaubert inventa des personnages que j’appelle “les innocents”. Charles, Félicité, la servante d’Un cœur simple, ou Dussardier, le garcon de courses de L’Éducation sentimentale, qui construisent leur vie modeste, répétitive, héroïque, sur la croyance en l’intégrité de l’Autre. Quand ils s’aperçoivent qu’ils ont été floués, ils deviennent fous ou meurent, ou les deux.

À quelle heure passe le train… Conversations sur la folie,

Jean Oury, Marie Depussé