Le jardin bota
Y-a-t-il des mandarines ?
nique est en travaux
~

Le jardin bota
Y-a-t-il des mandarines ?
nique est en travaux
~

À partir du moment où à sa demande je lui donne une cigarette, le voilà intarissable. Me propose de la marijuana en portugais dans le texte, de la coke en parlant toujours plus vite, je ne peux qu’imaginer une escalade de promesses de plus en plus exquises. Une visite du Lisbonne secret by night, un rendez-vous avec Wilfried*, une chouette rien qu’à moi ? Plus fort encore ? Attends, un verre avec Pessoa, ici, maintenant ?
Les gens sont formidables.

Cette petite frustration quand le serveur du bar débarrasse prestement ta table et emporte sans que tu aies le temps de réagir le verre de bière contenant la gorgée que tu gardais pour clore ton repas sur une ultime touche d’amertume.
Philippe Guerry, Bien cordoama


La rupture est nette
(tiens, il n’a pas plu today)
suis-je pas… parfaite ?
Ne suis pas partie seule à Lisbonne. Il y avait Sarah. Et puis Philippe.
Parfois, je garde l’appareil photo de mon portable en poche et je profite pleinement de l’instant. Mais malgré moi, j’écris mentalement ce que je vais ensuite pouvoir en dire.
Philippe Guerry, Bien cordoama

Voyant dès le soir de notre arrivée

je crus que são Vincente m’avait exaucée

las,
jusqu’à ce que je rencontrasse
le lendemain
dans un autre quartier
un qui savait la vie

Oui ben c’est pas la saison…
Dire qu’il aura fallu que je vinsse à Lisbonne pour comprendre que Fernando Pessoa s’appelle Fernand Personne (comme une personne, enfant ou adulte).
Dans les années 80, j’avais appris par cœur le début d’un long poème personnien.
Je ne suis rien.
Je ne serai jamais rien.
Je ne peux vouloir être rien.
À part ça, je porte en moi tous les rêves du monde.
~

Fernando Pessoa, Bureau de tabac (Tabacaria), trad. Rémy Hourcade