Kyoto

comment c’était

 

Dans la piaule western style où je crèche pour dix jours, il y a, flanquée dans toute sa longueur d’une guipure comme on peut en voir sur les autels, une table pour douze personnes balancée en travers de la pièce de 12 mètres carrés. Quelque chose comme une bonne plaisanterie. Oui, quelqu’un a dû beaucoup s’amuser en collant ça là.

Dans la piaule western style où je crèche pour dix jours, les deux plafonniers crachent une lumière blafarde qui rime avec cafarde. N’ai emporté qu’un livre, Les mange-pas-cher, de Thomas B, merveille absolue. Jusqu’au dernier jour, je me demande si je ne vais tout de même pas acheter une lampe d’appoint, allez quoi. Pour Thomas. Et puis non.

Dans la piaule western style où je crèche pour dix jours, il y a des doubles-rideaux grèges que je mettrai un point d’honneur à ne jamais fermer, même s’il arrivait que le soleil ne se couche plus. Car c’est ici, à Kyoto, que j’ai appris à m’éveiller puis me rendormir avec les premières lueurs du jour. Que j’ai abandonné les tentures, tombé les voiles, largué les amarres.

 

visite

comment c’était

 

Je me souviens que c’est Richi qui m’a appris comment disposer les mets sur un plateau. On place toujours le bol de riz à gauche car c’est de la senestre qu’on le tiendra, au-dessous des morceaux de viande ou de poisson pincés entre les baguettes avec plus ou moins de dextérité, au risque de choir, quoi. En plus, c’est meilleur.

 

asobi

comment c’était

 

Croisé Bruno dans le quartier où je viens de débarquer pour dix jours, non loin du Chemin de la Philosophie. Je ne l’avais vu, littéralement, depuis deux lustres. Lui avais alors parlé de ma joie de vivre au Japon. Il m’avait répondu sans amertume que pour lui, ici, l’essentiel se résumait en un mot,  我慢 – patience. J’écarquillai quelque peu les quinquets, Patience ?

Et longueur de temps. Tout ce dont j’ai besoin aujourd’hui où j’attends au café que la pluie daigne battre un peu moins fort s’il te plaît, que je puisse enfourcher mon vélo deux minutes.

 

accoudee

comment c’était

 

Oh il y a des jours où il en a gros comme ça. On dirait qu’il lui faut vider son sac, tout son sac. Et il y en a là-dedans, à boire et à manger, imagine les conséquences. Bref, ça dure. C’est qu’il en a sur le cœur, tu sais. Carrément gros sur la patate. Le ciel.

 

 elle 2