dérailler

lui et moi

 

Pourquoi revenir vers lui, encore et toujours ? – Parce qu’il est le seul qui sache m’écouter, me consoler par ciel de traîne.

Tu as d’autres amis quand même, pourquoi lui ? – Parce que c’était lui, parce que c’était moi.

Sans rire. – Parce que tout petit qu’il est, il est peuplé, tu sais. Toute une population diverse tient chez lui des conciliabules nocturnes, fomente peut-être une révolution, tu imagines !

De quoi tu parles ? – Ben… du jardin. Tu vois, s’il m’est si précieux, c’est peut-être que, donnant à boire et à manger à ses habitants,  je joue un peu à Dieu ?

de l’éphémère

 

Depuis que j’ai provisoirement intitulé mon manuscrit Le grand méchant Loume, je vois des loumes partout. Chez l’Artisan parfumeur, chez Camille Becquet dans son exquis Manger, dans des articles de revue – j’exagère à peine, que viennent faire ces loumes marins dans le dernier numéro de Sciences et avenir, avril/mai, p. 81, l’article est chavirant, j’avoue, merci Anne. Jusqu’à Iris, la petite voisine, qui chante à tue-tête Loume, y es-tu, sous prétexte qu’elle n’a pas école. Diable, diable…

Je crois que je vais devoir changer de titre provisoire. Et pourquoi pas Le capital sympathie des papillons ?

dans les arbres

 

Certes, on voit beaucoup de choses dans les nuages. Ne dirai jamais le contraire. Mais il ne faudrait peut-être pas oublier les arbres non plus. Et les arbres, hein, dans tout ça. Avec les nuages, le problème, c’est que ça change tout le temps. Dans mes arbres, ça dure et il y a :

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un cœur puisque c’est tout de même la clef

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une figure avec perruque bouclée impeccablement,

j’y ai mis le temps mais je t’ai reconnu, va, le vicomte de Bragelonne

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et puis un masque, un masque vengeur

 

Je vous écris d’une place sûre. Je ne risque plus rien – ou presque. On coupe les arbres le 3 juin. Un mois jour pour jour. Nice try, mon vengeur masqué.

bas les masques !

 

Il leur faut un prétexte pour donner de la voix en pleine rue. Je les entends bien avant que de les voir, marchant droit dans leurs bottines, mains dans les poches, leurs oreillettes enfoncées jusqu’à la garde dans leur conduit. Comme ils paradent, les lâches, s’égosillant, scandant leur quotidien à des qui les écoutent – ou pas.

Nul besoin d’artifices, nous autres. Osons le dire une bonne fois pour toutes. Quand je cause sur le trottoir, je cause toute seule !

 

cyrano

prosopopée

 

Susceptibilité des jours. Voilà mardi qui déboule, furibard. Quoi ? C’est ainsi que tu parles de moi ? M’aller rouler contre le tout-venant de la semaine, moi ? Mais où as-tu vu jouer ça, moi ? Tu vas voir si je suis malléable, tu vas voir si tu ne vas pas le regretter ton lundi, moi ! Toutes les larmes de ton corps tu vas pleurer pour y être encore, à hier… parce que moi, tu vois, tes jérémiades, hein, tes simagrées… Ma claque j’en ai, moi !

Bon. On ne peut rien dire alors, on ne peut plus l’ouvrir, c’est ça ? Je sais ce que je vais faire. Je vais contacter mon club, c’est tout. Ils sauront me conseiller, eux.  Rien que d’imaginer la bobine des autres jours de la semaine… Plus que ça à faire. Appeler le club avant que le troisième jour ne s’éveille.

 

loup

comme un lundi

 

Qui rendra compte de l’angoisse du lundi, dis ?

Lancinante en dimanche (après-midi), elle se déclare au soir dudit dimanche et c’est parti pour une sale nuit. Une fois le lundi derrière soi, la semaine peut se débobiner, les jours s’aller rouler les uns contre les autres comme qui rigole.

 

 

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En attendant, quelle angoisse.

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Là…

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c’est fini.