journal

notes

 

Ligne 4, ce jour. Deux jeunes gens conversent.

– Comment tu la trouves ?

– Qui ça ?

– La copine d’Alexandra

Signes de concentration intense.

– Chais pas…

– Sur 10, combien tu lui donnes ?

– Sur 10 ?

– Ouais

Signes de concentration maximale.

– … 6… 7

– Moi aussi. N’empêche, elle a vachement de charme… et elle est marrante, non ?

– Ouais… Et elle a un mec aussi.

– C’est vrai.

 

Tu m’as bien manqué, ligne 4.

anges gardiens

 

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Moshi-moshi… C’est moi. Oui, je suis à l’aéroport, là…

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Écoute, elle n’est pas encore arrivée…

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D’ici qu’elle rate son avion… Mais non, je blague…

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Compris. Dès qu’elle se pointe, je l’accompagne perso

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 La voilà !

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Pas de problème, je te dis. Elle va le prendre, son avion, cette fois.

Elle va arrêter de nous faire chier avec ses histoires de nuages et de fantômes…

la petite chérie

 

Me suis attelée durant ce séjour à ne pas trop marcher dans mes traces de pas. Fréquenter la piscine le matin n’est pas de la répétition  mais une drogue  particulièrement sympathique.  Sinon, pas erré dans mon ancien quartier. Pas poussé la porte du bar Fantôme. Pas acheté d’encens.

Difficile pourtant d’ignorer le marché de Kitano-Temmangu qui a lieu chaque 25 du mois. Je n’y avais pas mis les pieds depuis deux ans. La dernière fois était particulièrement joyeuse. Hier, la foule était moins dense, le ciel bas, les prix un scandale. Vite, fuir les marchands du temple.

Fortunément, la petite chérie était là, celle à qui tout le monde flatte la tête avant de se frotter la sienne. On lui caresse  aussi le dos et le ventre,  toutes les parties du corps.  Après avoir touché ses pattes, une vieille dame n’en finissait plus de se marteler les jambes. On aurait dit une danse.

 

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Je lui ai dit que je rentrais mardi.

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Elle m’a dit  Je sais bien, va.

fantôme syndrome

 

Ta tête est partie loin, à l’aéroport, bagage enregistré, en plein vol  maintenant et bientôt dans ton quartier, elle est déjà rentrée en France ta tête quand on vient lui dire que non. Au corps de s’y faire, maintenant, à ce guingois.

 

Il se déplace dans la ville familière, différente. Ce n’était pas le décor prévu, cette île flottante. Les voisins lui disent Alors, vous êtes encore là ? Et pour combien de temps ? Sourires confus. Gestes en l’air.

 

Imagine le jour où personne ne te posera plus la question car on ne te verra plus vraiment, tu seras là sans être là. Ne serait-ce pas cela, être fantôme, aller et venir, aller et revenir sans qu’on te remarque plus que ça.  Pas si mal, finalement. Ah,

rester là indéfiniment

à manger des aliments blancs

 

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