Caliméro

Les GROGRABLEUS

 

 

Ils sont là, partout. Ils infestent nos pages. Ils sont gros, gras et bleus. Si l’on m’avait dit qu’un jour, j’aurais à me battre contre les mots, j’aurions bien ri, j’aurions riposté Ben oui, puisque je veux écrire, eh petit pois ! Et voilà que mes hostilités se doivent déclencher contre les GROGRABLEUS. C’est eux qui ont commencé – cf Philomène 1907, boutiques et merci.

Du coup, il me faut en découdre avec eux, les GROGRABLEUS qui infectent nos pages. Sus aux GROGRABLEUS ! À moi, mon dictionnaire des mots rares et précieux ! Il me faut les duire et les réduire, les enduire de muscarine, les GROGRABLEUS qui fleurdelisent mes ptits mots et de là, les ridiculisent. Vite, mon écu et ma guiche !

Comment dire, c’est la guerre.

 

acqua alte

 Comme si j’avais que ça à faire…

 

le grand a

 

Cela n’est pas naturel, non. Hors-la-loi c’est. Je dois y être pour quelque chose. Accepté tous les remèdes prescrits, absorbé toutes les vitamines, tous les remontants. Or, il s’obstine. C’est ma faute, c’est sûr. Je me connais. S’il s’en allait tout de bon, mon tout petit, mon attentif, mon blond, mon charmant, mon délicat, mon fidèle (deux semaines, déjà), mon frémissant, mon faiseur de nuages et d’hébétude, mon adorable rhume, je lui en voudrais à mort. Alors comme ça, toi aussi, tu m’abandonnes ?

Atchoum.

 

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fantôme syndrome

 

Ta tête est partie loin, à l’aéroport, bagage enregistré, en plein vol  maintenant et bientôt dans ton quartier, elle est déjà rentrée en France ta tête quand on vient lui dire que non. Au corps de s’y faire, maintenant, à ce guingois.

 

Il se déplace dans la ville familière, différente. Ce n’était pas le décor prévu, cette île flottante. Les voisins lui disent Alors, vous êtes encore là ? Et pour combien de temps ? Sourires confus. Gestes en l’air.

 

Imagine le jour où personne ne te posera plus la question car on ne te verra plus vraiment, tu seras là sans être là. Ne serait-ce pas cela, être fantôme, aller et venir, aller et revenir sans qu’on te remarque plus que ça.  Pas si mal, finalement. Ah,

rester là indéfiniment

à manger des aliments blancs

 

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duo

 

Ce matin, réveil fastoche. Dans la glace, je regarde celle d’en face et lui demande Ça va mieux, non ? Elle ne répond mie. Mes yeux rencontrent alors le tube de dentifrice tout entortillé, tout… pas bien. Je relève les yeux vers celle d’en face : Mieux que lui, en tout cas ! Elle daigne sourire mais je sens qu’en même temps, elle a un peu peur pour ma santé mentale.

 

agrumes