duo

 

Ce matin, réveil fastoche. Dans la glace, je regarde celle d’en face et lui demande Ça va mieux, non ? Elle ne répond mie. Mes yeux rencontrent alors le tube de dentifrice tout entortillé, tout… pas bien. Je relève les yeux vers celle d’en face : Mieux que lui, en tout cas ! Elle daigne sourire mais je sens qu’en même temps, elle a un peu peur pour ma santé mentale.

 

agrumes

inventaire

 

Pour faire face à son nouveau poste au Japon, Marion prend dans son bagage :

– la Nouvelle grammaire du Français (elle va enseigner)

– divers guides du pays (elle part pour la première fois)

– les Notes de chevet de Sei Shonagon

The Pillow book de Peter Greenaway

–  The Basic tibetan buddhism

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un GUIDE DES VINS         Le vin pour ceux qui n’y connaissent rien, d’Ophélie Neiman.

 

calder

échassiers

 

Avant de partir, Gwen m’a fait cadeau de l’ « athame » ; saurai-je m’en servir ? 

Ne convient pas que vous raconte. Mais avec toutes les histoires d’oiseau qui me tombent dessus cet été…

Du côté de la mer, il y a les échassiers.

On ne saura jamais de quelle espèce particulière il est question mais on a envie de les voir d’un peu plus près.

Autant que j’en ai pu juger, ils mesurent un mètre cinquante environ, et leur plumage est gris terne.

Pas besoin de briller, les oiseaux. Pas besoin d’être conformes aux canons du siècle. Ça me rappelle les yeux des héroïnes de Villiers, absolument sans éclat, pas la moindre étincelle, « atones ». On a de plus en plus envie d’y aller voir. Or, c’est interdit :

à peine essayez-vous de vous rapprocher d’eux que la troupe s’envole instantanément dans un bruit de gifles sèches

Pourquoi est-ce si désirable de traverser le miroir, de passer à travers les murs, de pénétrer dans le cercle des grands oiseaux gris – non pas gris souris mais gris éléphant – et comment fera-t-il ? Il le fera.


mural2André Hardellet, Les chasseurs Deux, « Les échassiers »

Je me souviens (2)

 

125 – Je me souviens de l’amputation dont sont victimes les doubles albums vinyles pour tenir sur un seul CD. Je me demande qui  prend  la  décision  de  désigner  les  chansons  qui  vont  passer  à  la  trappe.

126 – Je me souviens de l’immunité dont bénéficie le Double Blanc des BEATLES alors que c’est l’occasion idéale de se débarrasser une fois pour toutes de “Ob-La-Di, Ob-La-Da ».

131 – Je me souviens de ce garçon auquel je prête Closer et qui me le rend en me demandant si le chanteur vient de perdre sa mère. Je n’ose pas lui préciser qu’il s’est pendu à l’issue de l’enregistrement.

 

Philippe Dumez, Trente-neuf ans et demi pour tous

(à suivre)

 

matsuri

 

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photo : Sylvain Cardonnel

Imagine,  sans  prévenir,  à plusieurs milliers de km,  ton meilleur ami t’envoie des images de fête,  comme ça,  histoire de  te  faire sourire.   Il  doit  faire  bien chaud  encore  à  Kyoto.   Au  Jisô-bon,  cette année, une première :  le nagashisômen – quelque chose  comme « flot de nouilles » ou « nouilles  flottantes ».  Les sômen, blanches et fines  à  la  limite  de  la  finesse, glissent au fil des glaçons le long du lit de bambou. Ah, les pêcher,  toutes  fraîches, avec les kids,  pour  les  tremper ensuite dans un clair dashi ad hoc !

Comment dire, c’est dimanche.