« Falada, comme tu es cloué là »

 

N’aurais jamais pu être un personnage de Grimm. Et d’un, je n’aurais jamais su confectionner la panade que le roi aimait tant. Et de deux, j’aurais oublié l’œuf à jeter en cas de danger, la onzième gaule à couper, le coffret d’or, etc. Je ne me serais jamais souvenue du crapaud qui empêchait la fontaine de couler, de la souris suçant la racine d’un arbre qui depuis ne pouvait plus donner ses pommes d’or…

Et au nom du ciel comment accepter qu’on coupe la tête de mon cheval, Falada, et qu’on la cloue à une porte ?

N’y pensons plus, perdu d’avance, je te dis.

 

Et ce fut le lion

 

La jeune fille sans mains, Le diable aux trois cheveux d’or, Peau-de-Mille-Bêtes. Ne connaissais pas. Les deux frères non plus. Ma phrase préférée dans ce conte, au point que j’interrompis ma lecture à la moitié de l’histoire, ma phrase préférée que je me suis répétée tout le long du chemin vers l’école, ma phrase préférée, donc : “Et ce fut le lion qui eut le petit fermoir d’or.”

 

Les frères Grimm, Les deux frères, trad. Marthe Robert

radio days

Et tandis que la radiologue me radiographiait les genoux de face de dos et dans leurs pires profils, ce fut l’illumination : “Oh, Madame ! Ne pourrais-tu pas faire la même chose pour ma tête, dis ?”

ne lui demandai-je pas.

 

Verlaine Syndrome

 

J’ai toujours aimé ça. Ou presque. L’état dans quoi ça met. Me met moi. Princesse du moment, reine de la juste distance avec les choses. Et ça coule, ça coule comme de l’eau – mais c’en est assez éloigné finalement. Parfois, ça pétille. Parfois, ça désaltère comme la grenadine de l’enfance. Catherine Deneuve avait-elle bu – sa diction est de plus en plus improbable – en lisant devant les caméras : Non, tu dis pas « rose », tu dis « grenadine clair ».

Comment s’appellent les filles de la famille Titegoutte ? – Corinne, Justine et. J’ai oublié la troisième.

Demain, j’arrête.

 

Tuer le ver (en cours d’écriture)

horla syndrome

 

Peur des reflets dans les objets – il y a quelqu’un d’autre – l’autre jour dans la lame d’un couteau ça a bougé

Peur de mon ombre elle a souvent un temps d’avance ça peut surprendre – il y a quelqu’un d’autre – tu te souviens du cowboy qui tirait plus vite que son ombre

Peur de l’écho sous mes pas aussi c’est tout nouveau ou est-ce l’écho de ma canne – il y a quelqu’un d’autre

 

santé, Souley

Tu fus le premier à me parler de l’Afrique.

Vous aviez cela en commun avec Noémi. Quand tu nous as quittés, nous nous sommes retrouvées Noémi et moi devant des thés verts dans le jardin de la Mosquée, nous demandant : « Comment faire maintenant ? »

Tu avais un job à l’ambassade du Mali où tu recevais de malins Maliens. Voyant ton sang-mêlé, ils venaient vers toi avec assurance, Écoute, mon frère… et tu leur répondais, Écoutez, Monsieur, je suis pas votre frère… Ça nous faisait pleurer de rire.

Fela le grand, c’est aussi grâce à toi. Je crois que quand j’ai écouté pour la première fois WATER NO GET ENEMY, le ciel m’est tombé sur la tête.

Voici le lien pour la version originale et la pochette de mon vieux vinyl (était carrée ma pochette mais bon, les femmes sont là) :

https://www.google.com/search?q=fela+kuti+water+no+get+enemy&rlz=1C5AVSZ_enFR612FR612&oq=fela+Kuti&aqs=chrome.1.69i57j0l2j69i60j0l2.6781j0j7&sourceid=chrome&ie=UTF-8