journal

anges

Je venais de lire une nouvelle de Pierre Autin-Grenier qui m’avait terrifiée. Et je tombe dans la rue sur un pigeonneau coincé entre un baquet de plantes et la paroi de verre de la terrasse d’un café. Qu’est-ce qui me prend. Je l’attrape et le ramène à la maison. Depuis, il fait la gueule.

 

 

 

Ah oui, la citation :

Dans une mare de sang mêlé de plumes, à grands coups de machette deux bandits en riant  dépeçaient un ange. (L’ange au gilet rouge)

Hune deux trois

La première fois que j’ai voulu acheter  Le monde,  c’était un matin. Le marchand de journaux  a doucement rigolé.

 

***

 

Mon premier cubi, je suis allée le retourner aussi sec pour défaut de fabrication. On avait omis de confectionner le petit robinet,  Regardez Monsieur.  Silence.  Geste.   Apparition du robinetto en un quart de seconde. Je me suis sentie rougir au-delà du rougissement.

 

***

 

La première fois avec un garçon, j’en ai  gardé l’impression d’avoir fait de l’équitation pendant des jours sans mettre pied à terre. Façon Attila.

 

flashback

Choses qui sauvaient, il y a deux ou trois étés, j’avais noté : la dégaine de Toshirô Mifune, la diète du soir, la piscine du matin, la voix de Neil Hannon, le festival Kurosawa à la cinémathèque, le mot céladon, les balades, même courtes, à vélo, les verres de blanc à la terrasse du 51.

Choses qui sauvent, asteure : les visites du ramier et de son ramereau, les cordes de Jozef Van Wissem et SQÜRL, les balades, même courtes, au Père-Lachaise, l’apéro du soir et badigeon. Le mot badigeon. Je n’en reviens toujours pas.

 

quoi de neuf

Retrouvailles au café entre deux amies un peu perdues de vue :

– Ça fait longtemps ! Quoi de neuf ?

– Bof. Ah si, je vois quelqu’un.

– Mais c’est génial, dis donc !

Ce quelqu’un étant, bien entendu, un psy.

 

 

 

Dans un autre café, derrière moi, une jeune fille dit le plus sérieusement du monde, J’aime bien l’idée de lire mais j’y arrive pas.

 

changement de plan

Ce garçon tout énervé qui débarque dans la rame, regardant tout autour de lui, l’œil guerrier. Mais les voyageurs sont calmes, certains lisent.

C’est comme s’ils lui disaient, télépathiquement : Tu as raison mais il y a eu un changement de plan. Ce n’est pas pour tout de suite. Retourne à la base. On te dira quand.

 

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