Auteur : placide99

Avatar de Inconnu

À propos de placide99

"Il n'avait plus de clefs depuis bien longtemps, depuis qu'il les avait perdues au cimetière en creusant un trou pour l'idiot du village, terrassé par une division à virgule." Joël Egloff, Edmond Ganglion & fils. Susceptible de finir idem, terrassée par une division à virgule. Très possible. www.ifnothinghappens.com

aubaine

 

 

mural3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Profite de l’aubaine

ta voix a décidé de se retirer sous sa tente

À toi gingembre et citrons divers

adieu téléfon

 

Anne m’a fait goûter hier

du caïpi

saurai-je m’en composer un ?

 

C’est pas sorcier,

il faut de la cachaça

 

Je n’en ai mie

 

Du rhum, alors ?

 

Oh là là, ça vire au ti-punch de base…

 

Cesse de geindre, va, tant qu’on a l’ivresse…

 

je crois qu’on oui

 

Non, le jardin ne suffit pas, vois-tu. Il faut que les oiseaux daignent s’y poser et ça ne va pas de soi. Une fois que, ça ne suffit pas non plus. Il faut qu’ils picorent leurs graines et brisures de biscottes à travers brindilles et billes d’argile et ça ne suffit pas. Il faut encore qu’ils boivent aux quatre points d’eau du jardin (dont une fontaine géante). Et ça ne suffit pas, il faut que l’harmonie règne entre eux – s’ils se pourchassent, ça gâche tout absolument tout. Si tout concorde, ça commence à ressembler à l’esquisse de quelque chose mais ça ne suffit toujours pas. Il faut qu’ils manifestent quelque inclination à demeurer dans le paysage alors qu’ils n’ont plus ni faim ni soif et que le ciel les appelle et ça ne suffit pas. Ajoute quelques pincements de luth, retiens ta respiration, tu vas faire de la buée sinon, t’occupe, je sais ce que je dis, je crois qu’on oui approche de la perfection.

 

kimono

Pourquoi tu soupires ?

comment c’était

 

« Faute de moyens, ils sont réduits au minimum : l’un joue de la guitare et l’autre de la basse ; une boîte fait le rythme. Ils demandent à leur voisine de venir chanter. C’est Alison Statton, dont la voix semble ailleurs – elle a des courses à faire, elle va bientôt partir. » Oui, j’ai retrouvé mon vieux Sur le rock à l’université Ryokoku, dans la bibliothèque de Sylvain qui prend grand soin des bouquins que je n’ai pu rapatrier. Allez, je l’emmène à Paris (je parle du livre).

 

surleroc

comment c’était

 

844 (hashishi) a disparu depuis longtemps. Shinya-san, act-painter à ses heures, tenait le lieu, un bar resto végétarien. En fin de soirée, il mettait Cadillac (Brand new) pour qu’on danse comme des perdus – et on dansait comme des perdus.

Shinya-san tenait à son catogan et aux saucisses bio qu’il servait pour ne pas brusquer le client. C’est qu’il voulait l’amener piano piano vers le végétal, le client ; les légumes (fastoche), le tofu (passe), le natto (mission impossible).

 

asobi 1

Aux dernières nouvelles, Shinya-san se serait installé à la campagne pour faire lui-même son pain.

comment c’était

 

– Oui mais les animaux ?

– Pardon ?

– Tu ne parles jamais des animaux que tu as vus là-bas

– Oh tu sais, c’est toujours un peu pareil… Il y a longtemps, oui, j’avais vu une moufette tenue en laisse dans la rue

– Je te crois pas !

– Tu vois, dès que je dis la vérité

 

zoo2

 

– Quoi d’autre ?

– Avant de vivre à Kyoto, j’habitais à Onohara, tout près d’une rizière. Les soirs d’été, c’étaient de fantastiques concerts de grenouilles et de crapauds-buffles. Je me souviens que, nous promenant là-bas, Marc et moi tenions des baguettes imaginaires pour orchestrer les musiciens invisibles..

– …

– On était joueurs, quoi.

– Mais vous ne les voyiez pas ?

– Jamais, mais Nori m’a confié qu’un jour, en rentrant chez lui, il avait trouvé devant sa porte un crapaud en plein jour. Un crapaud gros comme ça qui le considérait. Eh bien, il était si présent, si fort dans sa présence crapaudine, tu vois, qu’il a préféré aller faire un tour, Nori, en attendant que le crapaud s’en aille.

 

zoo

comment c’était

 

Bruno connut des journées à 1000 yens (environ 8 euros). Sa femme et lui se quittaient au matin en se disant Aujourd’hui, on ne dépense pas plus de 1000 yens. J’imaginais leurs clins d’œil bravaches devant ce pari radical dans un pays où tout vous tend les bras, Achète-moi, mange-moi, bois-moi !

Combien de fois n’avais-je pas été tentée de les imiter. Est-il trop tard, dis ?

 

lui 1

comment c’était

 

Dessert time. Sylvain s’éclipse entre pêche et figue. Derrière la maison, au fond du jardin, il s’est aménagé un fumoir. Je le rejoins une fois sur trois jusqu’au banc de pierre pour deux personnes à tout casser. Il fait nuit. Fumer reprend du sens. Ce n’est pas tirer sur une cigarette devant le cendrier désolé d’une smoking zone – pas de cendrier d’ailleurs sinon un bol empli d’eau. Ça devient autre chose.

Une retraite, un repaire où le chercheur peut méditer à loisir, au hasard Être ou ne pas être Numa Shôzo ?  Une respiration dans le noir et le silence. À part le chant des derniers grillons et le bzzz de quelques moustiques sympathiques – tant qu’on fume.

 

zoo3