Onohara

Madoka

 

Au Japon, je me surprends à penser au Japon. Ce n’est pas toujours merveilleux. Je me rappelle Madoka, à Onohara, disant de son mari qui travaillait à la télé, Il m’a déçue. En France, nous sortions toujours ensemble mais depuis que nous sommes revenus ici, c’est terminé. Parfois, il ne rentre pas du tout. Le soir, s’il n’y a qu’un seul plat pour le dîner, les enfants ont compris : « Tiens, papa ne mange pas avec nous ce soir ».

 

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comment c’était

 

– Oui mais les animaux ?

– Pardon ?

– Tu ne parles jamais des animaux que tu as vus là-bas

– Oh tu sais, c’est toujours un peu pareil… Il y a longtemps, oui, j’avais vu une moufette tenue en laisse dans la rue

– Je te crois pas !

– Tu vois, dès que je dis la vérité

 

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– Quoi d’autre ?

– Avant de vivre à Kyoto, j’habitais à Onohara, tout près d’une rizière. Les soirs d’été, c’étaient de fantastiques concerts de grenouilles et de crapauds-buffles. Je me souviens que, nous promenant là-bas, Marc et moi tenions des baguettes imaginaires pour orchestrer les musiciens invisibles..

– …

– On était joueurs, quoi.

– Mais vous ne les voyiez pas ?

– Jamais, mais Nori m’a confié qu’un jour, en rentrant chez lui, il avait trouvé devant sa porte un crapaud en plein jour. Un crapaud gros comme ça qui le considérait. Eh bien, il était si présent, si fort dans sa présence crapaudine, tu vois, qu’il a préféré aller faire un tour, Nori, en attendant que le crapaud s’en aille.

 

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