Mois: juillet 2015

de l’eau à mon moulin

Cet après-midi, en regardant les géraniums, dehors, sur l’appui de la fenêtre, menacés par un froid intense (le premier jour d’hiver), j’ai été littéralement pris de pitié pour eux et les ai rentrés dans l’appartement avec un soin que je ne porterais pas à mes semblables. (On peut aimer une fleur mais pas un homme.)

 

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Dix jours de jardinage. Ça vaut tout de même mieux que dix jours de bibliothèque. Entre bêcher et bouquiner, mon choix est fait. De plus, j’aime mieux manier une pelle qu’une plume.

Cioran, Cahiers, 1957 – 1972

à la rue

 

Une sans-abri sans âge sans rien recroquevillée en chien de fusil enroule et déroule sans fin sa crinière grise entre ses doigts boursouflés, les yeux vagues et clairs et atones, regardant en-dedans. Elle se fait des cheveux.

lui et moi

 

Pourquoi revenir vers lui, encore et toujours ? – Parce qu’il est le seul qui sache m’écouter, me consoler par ciel de traîne.

Tu as d’autres amis quand même, pourquoi lui ? – Parce que c’était lui, parce que c’était moi.

Sans rire. – Parce que tout petit qu’il est, il est peuplé, tu sais. Toute une population diverse tient chez lui des conciliabules nocturnes, fomente peut-être une révolution, tu imagines !

De quoi tu parles ? – Ben… du jardin. Tu vois, s’il m’est si précieux, c’est peut-être que, donnant à boire et à manger à ses habitants,  je joue un peu à Dieu ?

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Après la piscine.

– On prend un verre, Mademoiselle ?

– Pardon ?

– Ben… on pourrait peut-être aller dans un café ?

– Maintenant ?

– Oui, il y en a un, là. Il fait beau !

– Pardon merci mais non, merci mais je ne peux pas. Je dois rentrer mon érable.

~

Eh oui, flore ou faune, il faut parfois choisir.

~

Et pourquoi pas Je dois rentrer à l’étable.

Pauvre fille, va.