vie de quartier
mes misérables (14)
le tram des quartiers modestes
Il est si beau, si doux, si vert, le gazon où roule le tram des quartiers modestes, que je ne comprends pas comment on peut jeter quoi que ce soit dessus, au lieu de le peigner quand on a deux minutes. Je me dis parfois que ce sont les habitants des quartiers aisés qui passent la nuit quand tout le monde dort, et renversent leurs poubelles sur le tapis de verdure, par jalousie.
à la rue
Qui décida de s’en débarrasser et pourquoi. C’est trop petit chez moi, il m’encombre. Il m’empêche de respirer. C’est lui ou mes livres. C’est lui ou moi. Il jure avec la couleur des murs, de la moquette. D’ailleurs tout le monde se moque de nous. Et puis il est trop dur comme oreiller. Bref, le verdict est tombé, à la rue.
Alors qu’il y avait là un objet complexe, attachant, compact et vulnérable. À la fois ouvert sur le monde et fermé de l’intérieur. De bonne volonté, obstiné, ne lâchant jamais prise. Loyal et beige. Une aubaine, rien de moins.
théâtre
big
Sur la ligne 4, hier soir. Le grand frère et son cadet finissent d’approfondir un gobelet de popcorn géant. Le petit frère commence.
– N’empêche, je me demande où elle est, la plus grande pizza du monde.
Un temps.
– Moi, je crois qu’elle est faite avec 99 sortes de fromage.
– … 99 sortes de fromaaaage…













