Kyoto

savoir dessiner

 

Ne sais à quoi je pensais quand je cherchais quelques images de Kyoto sur le net, tout à l’heure. Certainement pas à ça. Comment était-ce possible. Qui le « lui » avait dit.

Tu vois, c’est simple. Tu t’introduis dans le dessin parfait. Tu vas tout droit, tu dépasses la dame en kimono, tu n’as pas le choix, tu tournes à droite et voilà, c’est ma rue.

 

ma rue

subjectivité

 

Je ne le connais que depuis quelques semaines. Il est pour moi la quintessence de la grâce, le plus joli garcon du monde – et cruel avec ça. Il joue là-bas, mon cruel, sur la placette au bout de Sanjô, tandis que je me cache. Une amie va voir le live d’un peu plus près. En revenant au rapport, elle me dit, Ah oui, le grand dadais avec les oreilles décollées…

 

de guise

comment c’était

 

« Faute de moyens, ils sont réduits au minimum : l’un joue de la guitare et l’autre de la basse ; une boîte fait le rythme. Ils demandent à leur voisine de venir chanter. C’est Alison Statton, dont la voix semble ailleurs – elle a des courses à faire, elle va bientôt partir. » Oui, j’ai retrouvé mon vieux Sur le rock à l’université Ryokoku, dans la bibliothèque de Sylvain qui prend grand soin des bouquins que je n’ai pu rapatrier. Allez, je l’emmène à Paris (je parle du livre).

 

surleroc

comment c’était

 

844 (hashishi) a disparu depuis longtemps. Shinya-san, act-painter à ses heures, tenait le lieu, un bar resto végétarien. En fin de soirée, il mettait Cadillac (Brand new) pour qu’on danse comme des perdus – et on dansait comme des perdus.

Shinya-san tenait à son catogan et aux saucisses bio qu’il servait pour ne pas brusquer le client. C’est qu’il voulait l’amener piano piano vers le végétal, le client ; les légumes (fastoche), le tofu (passe), le natto (mission impossible).

 

asobi 1

Aux dernières nouvelles, Shinya-san se serait installé à la campagne pour faire lui-même son pain.

comment c’était

 

– Oui mais les animaux ?

– Pardon ?

– Tu ne parles jamais des animaux que tu as vus là-bas

– Oh tu sais, c’est toujours un peu pareil… Il y a longtemps, oui, j’avais vu une moufette tenue en laisse dans la rue

– Je te crois pas !

– Tu vois, dès que je dis la vérité

 

zoo2

 

– Quoi d’autre ?

– Avant de vivre à Kyoto, j’habitais à Onohara, tout près d’une rizière. Les soirs d’été, c’étaient de fantastiques concerts de grenouilles et de crapauds-buffles. Je me souviens que, nous promenant là-bas, Marc et moi tenions des baguettes imaginaires pour orchestrer les musiciens invisibles..

– …

– On était joueurs, quoi.

– Mais vous ne les voyiez pas ?

– Jamais, mais Nori m’a confié qu’un jour, en rentrant chez lui, il avait trouvé devant sa porte un crapaud en plein jour. Un crapaud gros comme ça qui le considérait. Eh bien, il était si présent, si fort dans sa présence crapaudine, tu vois, qu’il a préféré aller faire un tour, Nori, en attendant que le crapaud s’en aille.

 

zoo

comment c’était

 

Bruno connut des journées à 1000 yens (environ 8 euros). Sa femme et lui se quittaient au matin en se disant Aujourd’hui, on ne dépense pas plus de 1000 yens. J’imaginais leurs clins d’œil bravaches devant ce pari radical dans un pays où tout vous tend les bras, Achète-moi, mange-moi, bois-moi !

Combien de fois n’avais-je pas été tentée de les imiter. Est-il trop tard, dis ?

 

lui 1

comment c’était

 

Dessert time. Sylvain s’éclipse entre pêche et figue. Derrière la maison, au fond du jardin, il s’est aménagé un fumoir. Je le rejoins une fois sur trois jusqu’au banc de pierre pour deux personnes à tout casser. Il fait nuit. Fumer reprend du sens. Ce n’est pas tirer sur une cigarette devant le cendrier désolé d’une smoking zone – pas de cendrier d’ailleurs sinon un bol empli d’eau. Ça devient autre chose.

Une retraite, un repaire où le chercheur peut méditer à loisir, au hasard Être ou ne pas être Numa Shôzo ?  Une respiration dans le noir et le silence. À part le chant des derniers grillons et le bzzz de quelques moustiques sympathiques – tant qu’on fume.

 

zoo3