
On ne peut rien te cacher, nous voici de retour à l’atelier Yamanami (Shiga)

On ne peut rien te cacher, nous voici de retour à l’atelier Yamanami (Shiga)
Mis mon portable sur mode avion et pour une fois, ça a fait sens.

Un aveu à te faire. Il a fallu que je passe ce matin devant le Raymond Queneau collège pour m’en rendre compte. Voilà, je suis oublieuse.
Non seulement j’oublie tout mon vocabulaire et les anniversaires et puis qu’on est tous frères ; non seulement le retour des saisons, les sacrées décisions, le truc du forgeron ; tout tout tout, de Jean-Mo la dégaine, l’âge du capitaine, comment rester sereine ; le goût du bon tabac, même que t’en auras pas, et puis si, en voilà ; dans les yeux mettre des gouttes, quel animal glougloute, à quoi on joue au jouste.
J’oublie courir les rues, j’oublie fendre les flots, j’oublie battre campagne. De plus en plus souvent j’oublie que tout est poésie.

photo (floue) de dessin (pas flou) de Michaux
Il est vrai que je ne me tiens pas perpétuellement au balcon ou à la fenêtre, mais je n’ai pas vu le moindre oiseau dans le ciel depuis ce matin. Je les imagine, réunis en congrès, toutes espèces confondues : « Pas un d’entre nous ne devra survoler le parc aujourd’hui ! »
Jean-Luc Sarré, Apostumes
Mon oncle était chauffeur de bus. Il paraît qu’il lui arrivait, en pleine course, de s’arrêter au bistrot pour boire un coup. Les passagers étaient habitués. J’y pense parfois quand deux chauffeurs de bus se croisent au volant et se font un signe de reconnaissance, amitié ou simple connivence. Je me dis qu’ils auraient peut-être bien envie de nous planter là pour aller s’en jeter un. Me demande toujours un peu ce qui les retient.

Solo

à vau-lo

mélancolo

reusement que j’ai un beau stylo

– Et un ptit clopo ! Hey, un ptit clopo !

-Ben no, spèce de rigolo
peintures, John Millei
Je n’attaque jamais la semaine, j’aurais, comme aujourd’hui, plutôt tendance à tenter de la défendre.
Jean-Luc Sarré, Apostumes
