inconditionnels

Les impudiques (4)

 

Satyres. Tête penchée sur ses devoirs d’écolière, elle apprenait la mythologie grecque, traduisant, étudiant, découvrant ligne à ligne l’émasculation d’Ouranos, les ardeurs de Zeus, les amours étranges d’Hadès et Perséphone, les débauches de Dionysos, tandis que son voisin de table, peut-être plus porté sur les satyres, ne traduisait rien, n’apprenait rien, mais sentait en la regardant un grand Y à l’envers lui gonfler dans le vas-ventre.

 Philippe Adam, Les impudiques

Les impudiques (3)

 

Projet social. Et s’il suffisait d’aller vers quelqu’un et de lui sourire pour qu’aussitôt les bouches se mêlent, pour que les mains se baladent et qu’on se quitte ensuite gentiment, comme ça, en se disant juste bonne journée, vous êtes adorable, c’était un plaisir de vous rencontrer, au revoir et merci beaucoup.

Philippe Adam, Les impudiques

Les impudiques (2)

Témoignage. Je n’ai pas de sexualité. Cela fait de moi quelqu’un d’original. Partout je vois qu’il est question de sexe. Ce n’est pas mon genre. Le sexe, on vit très bien sans, il suffit de s’intéresser à des choses plus hautes, plus essentielles, plus spirituelles, si vous voyez ce que je veux dire. Vous ne voyez pas ? Très bien. N’en parlons plus. Personne ne voit jamais. J’ai l’habitude.

Philippe Adam, Les impudiques

ça chauffe

Le téléphone sonne. J’ai un pincement au cœur. Ce n’est pas vraiment le fait d’être dérangé maintenant qui me chiffonne, j’ai encore suffisamment de temps devant moi, mais si ce téléphone sonne, maintenant, c’est que j’ai commis une erreur. S’il sonne c’est qu’il est branché, malgré toutes mes vérifications, toute mon attention, toutes mes précautions – putain de merde – , ce téléphone, je l’ai oublié, ce qui aurait pu me coûter cher. Un téléphone qui sonne sans personne pour décrocher, c’est un téléphone qui chauffe, qui chauffe tellement que le bloc de papier, à proximité, se met à jaunir, doucement, à brunir, lentement, pendant que l’irresponsable qui est à l’autre bout insiste, insiste, et fait monter la température, jusqu’à ce que sur le papier, une petite flamme naisse, naïve, mais déjà avide de tout brûler.

Joël Egloff, Les ensoleillés

la belle Hortense et le beau Frédéric

Oyez, oyez !

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Plus que deux jours et deux nuits

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Nan !

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Si !

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pour aller voir les toiles de Frédéric Faure 

tellement plus belles en VRAI

(ci-dessus, Remparts du couchant, détails)

et en plus, on peut boire des coups avec l’artiste

exposition Paysage Magnani

La Belle Hortense

bar librairie ouvert jusqu’à deux heures du matin

31 rue Vieille-du-Temple, 75004 Paris

01 4804 7160

site du peintre : faurepaintings.blogspot.com/