dérailler

vichyssoise (7)

Il est quelques résistants au sein de notre communauté de nés-fatigués

montent eux

montent elles

à plus que deux

dans l’ascenseur

– la consigne c’est deux

~

tombent le masque dès qu’ils se croient invus

– c’est défendu

~

papotent pendant le quart d’heure de mobilisation

au mépris des exercices aquatiques

~

sèchent les séances d’illutation

prétextant l’oubli

~

critiquent le protocole

en de multiples points

lors de réunions à l’entresol

~

glissent de la vodka dans leur gobelet gradué

~

Surtout, pour un rien, sourient

– suprême délit

~

vichyssoise (6)

Nous curistes sommes une race à part

même en civil

même loin de nos peignoirs qui ont vécu

repérés sommes

les autres nous pressentent

ceux d’ici

nous avons beau dissimuler nos petites affaires de cure

dans des sacs lambda

dépistés sommes

~

De là

envisagés sans pitié sommes

moqués à vue

tirés par le bas

c’est ça

plus bas que terre

~

Les plus malins d’entre nous changent de trottoir

le regard levé

pas fier mais levé vers le ciel bleu

la plupart n’ont plus cette force

plus la force de rien

même plus celle de se demander pourquoi

au nom du ciel bleu

pourquoi

~

vichissoyse (2)

Conversation de curistes

– Allez, vous finirez bien par rester parmi nous

– Pardon ? Vous dites ? Mais pas du tout, j’ai bien l’intention de rentrer. D’ailleurs, voyez-vous, je pars demain, j’ai mon billet de retour et tout

– Oui mais vous finirez bien par revenir parmi nous

– Ah oui, sans doute, excusez-moi, j’avais entendu rester

~

Rires de peignoirs.

~

comme un défaut

Dieu sait que j’en ai à la pelle mais je crois que mon pire défaut, c’est que dans les concertos, c’est l’adagio que je préfère. De tout temps.

Et ne compte pas sur moi pour dire concerti.

~

Patrick H Jones

LIMBES, jusqu’au 12 décembre à la galerie pcp, 8 rue Saint-Claude, 75003, Parisse