Arnaldur Indradison

family life

 

Il était sur le point de s’endormir quand le téléphone sonna. C’était Eva Lind.

– Tu sais qu’ils droguent les gens ici, déclara-t-elle en bafouillant.

– Je dormais, mentit Erlendur.

– Ils t’assomment avec des pilules, précisa Eva. Je n’ai jamais été aussi stone de ma vie. Qu’est-ce que tu fous ?

– J’essaie de m’endormir, répondit Erlendur. Et toi, tu as encore fait des tiennes ?

– Sindri est passé aujourd’hui, l’informa Eva sans répondre à sa question.

– Tu sais où il est ?

– Il est pas chez toi ?

– Je crois qu’il est parti, répondit Erlendur. Peut-être qu’il est chez ta mère. Dis-moi, on vous autorise à passer des coups de fil à n’importe quelle heure dans cette institution ?

– Moi aussi, ça me fait plaisir de t’entendre, rétorqua Eva Lind. Pour toute information, je n’ai fait aucune connerie, ajouta-t-elle avant de lui raccrocher au nez.

Arnaldur Indradison, trad. Éric Bouty, L’homme du lac

 

 

 

 

 

travaux d’entretien

 

Changer ses habitudes, tout est là. On peut apprendre par cœur des passages de La recherche, se mettre au finnois, s’initier au shamisen, suivre des cours de cuisine thaï, acquérir un vivarium, s’intéresser à la technique du boulier, perfectionner son trictrac. Ou bien ouvrir un polar islandais, un soir. Au matin, tenter de se rappeler qui est Sigurdur Oli, et Erlendur, et Elinborg déjà, et Matthildur, et Valgerdur, qui est homme et qui est femme et un émetteur ? Quel type d’émetteur ? demanda Erlendur. Vive le polar islandais (L’homme du lac, Arnaldur Indridason, excellente traduction d’Éric Boury).

 

 sorin

Ou alors un boulier.