Je me souviens (5)

230 – Je me souviens des frères HEAD, camés jusqu’aux yeux, jouant les plus belles chansons du monde dans la cuisine de leur mère lors d’un documentaire signé Jérôme Demissolz et diffusé sur Arte. Ou la Sept. Des perdants magnifiques made in Liverpool.

286 – Je me souviens de cette réflexion qu’un garcon me fait : “la différence entre le rock et le rock indé, c’est juste que la basse est mixée un peu plus fort”. Je crois qu’il n’a pas totalement tort, même si ça m’ennuie beaucoup de le reconnaître.

246 – Je me souviens de cette fille que je connais qui assiste au premier concert de DOMINIQUE A. au Passage du Nord-Ouest. Je reviens le lendemain et elle est là à nouveau. Et chaque matin, quand je me réveille, elle est encore là. Merci Dominique A.

Philippe Dumez, Trente-neuf ans et demi pour tous

(à suivre)

la secte du Blême

 

Ils vont, se sustentant d’azur !
Et parfois aussi de légumes,
De riz plus blanc que leur costume,
De mandarines et d’œufs durs.

Ils sont de la secte du Blême

Jules Laforgue

Pierrots in L’Imitation de Notre-dame la Lune

 

Dress code : blanc.

Food code : blanc.

Que des aliments blancs pour ce dimanche anniversaire.

Récapitulons : Riz, tofu (caravanes de), daikon (sous toutes ses formes), béchamel (pour ceux qui aiment), mozzarella, œufs durs (merci, Jules), poires (mandarines, on n’a pas le droit enfin, Jules, réfléchis),  vin blanc, lait, champagne, glace à la vanille, chantilly partout, fèves

Hotate !!! (= coquilles saint-Jacques, j’adore)

Silence maritime. Tu sais, les hotate, depuis Fukushima… Elles traînent tout au fond de la mer, on ne sait pas très bien ce qui s’est passé. Plus jamais, non, au grand jamais, on ne donnera  de hotate à manger à nos enfants.

 

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la plus belle ville du monde

 

Mes   palmes  m’accompagnent.   Je  suis  confiante.  L’année  dernière,   j’avais  demandé   la   permission  de les enfiler pour nager et on me l’avait accordée sans problème.  Aujourd’hui,  dès  l’entrée de la piscine : Voyez sur place avec le maître-nageur.  Non  que  ça sente le sapin  mais,  légèrement  doutante  soudain.  La maître-nageuse,  allure  pas  commode,  me  dit  d’attendre.  Cinq bonnes minutes plus tard, elle réapparaît, toujours pas commode : C’est bon, il n’y a personne dans la piscine, ça va. Mes doutes fondent, deviennent bulles de savon ; en plus, ce sont de toutes petites bulles de débutants, je veux dire palmes.  Bref, je nage dans la  joie.  Trois longueurs plus tard, on revient, changement  de  disque. Interdit : Vous pourriez blesser  quelqu’un.  Il y a moi  et moi  dans la piscine.  Tentative   d’insurrection : Mais enfin,  il n’y a personne,  vous  venez  de me  le  dire !  Elle  tourne  les talons, mal entendante.

Oui,  je suis à Kyoto, la plus belle ville du monde – c’est vrai.

 

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© Sae Shimai

Je me souviens (4)

 

190 – Je me souviens que, le lendemain du concert de CODEINE,  à l’Arapaho,  je croise  un  garçon qui a le même t-shirt que moi la veille :  celui  avec  le  chat sur un fond noir.   Je ne  l’aurais  jamais abordé sans ça,  et je serais passé à côté d’un de mes meilleurs amis.

 

193 – Je me souviens que sur certains CD, le morceau caché ne se situe pas à la fin mais au début, avant le premier index. Pour l’écouter, il faut maintenir le doigt appuyé sur la touche <<  juste après avoir lancé le disque. J’en ai trouvé deux pour le moment, mais je ne peux pas m’empêcher de penser que, si ça se trouve, je suis passé à côté de plein d’autres.

 

302 – Je me souviens de ma première rencontre avec BRIGITTE FONTAINE : elle court habillée en extra-terrestre dans les rayons du Virgin Megastore en chantant “T’occupe pas, donne-moi du nougat”. Comment voulez-vous que j’oublie un truc pareil ?

 

Philippe Dumez, Trente neuf ans et demi pour tous

(à suivre)