vichyssoise (12)

pélican syndrome

Il nous prodigue ses consignes teintées d’un humour bon enfant : Ne vous crevez pas en route surtout, on n’est pas là pour ça.

Il multiplie ordres et contre-ordres : Tendez au maximum ! … mais forcez pas, hein, on va pas risquer un claquage.

Soudain, comme un bourdonnement dans le bassin. Bonnet jaune et bonnet bleu discutent de la prochaine excursion, bonnet bicolore est tenté d’intervenir, Pourquoi pas Clermont, il paraît que la cathédrale est pamal… Oh moi, les cathédrales… tout en sautillant d’un pied sur l’autre alors qu’on est passé à d’autres exercices. Le mono les avise, n’en croit pas son regard, soufflé. L’incrédulité fait bientôt place à l’indignation. Son teint rougeoie. J’ai envie de lui dire Inspirez, soufflez. J’ai envie de lui dire C’est pas grave.

Il tournoie sur lui-même pour revenir à l’horreur de la scène : deux trois individus peut-être davantage l’ignorent. Il bat des ailes, claque du bec, bégaie, nous prend à témoin : Mais qui sont ces gens ?

Et c’est parti pour de longues minutes de gémissements, Si vous n’écoutez pas, c’est vous, c’est pas moi mais c’est quand même moi qui et c’est pour vous tout ça moi le meilleur j’essaie de vous donner pour vous à vous de mais je me saigne moi non alors là que voulez-vous…

Quelque chose comme Lorsque le pélican, lassé d’un long voyage

Et vlan, la leçon est fichue.

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