jdis ça jdis rien

 

Pourquoi écrire. J’en reviens toujours à Mathias – non pas le Mathias de l’enfance, le copain de mon cousin Olivier, Mathias avec sa peau de roux, je ne comprenais pas comment ça pouvait exister, ces délicieuses taches de son sur des joues de lait, c’était vraiment le seul du district, c’était la joie quand il « descendait » jouer avec nous. Jamais oublié Mathias.

Je voulais dire l’autre. Celui qui a tout compris de tout temps. N’en a pas moins mené une vie misérable, le prix pour avoir  tout compris. Que nous étions des perroquets, à répéter jour après jour les mêmes mots et, parfois même, à aimer ça – quand on dit Je t’aime, par exemple.

Pourquoi écrire. Peut-être, ça va froncer dans les chaumières, pour essayer de ne pas se répéter. J’entends les grondements contradicteurs, ça enfle, ça enfle. Ou alors, ou alors, avoir conscience de la répétition, le faire en toute conscience parce que pas moyen de faire autrement. Voilà, ça râle moins dans la salle ; ça se calme sous mon crâne.

 

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