Philippe Adam

Les impudiques (4)

 

Satyres. Tête penchée sur ses devoirs d’écolière, elle apprenait la mythologie grecque, traduisant, étudiant, découvrant ligne à ligne l’émasculation d’Ouranos, les ardeurs de Zeus, les amours étranges d’Hadès et Perséphone, les débauches de Dionysos, tandis que son voisin de table, peut-être plus porté sur les satyres, ne traduisait rien, n’apprenait rien, mais sentait en la regardant un grand Y à l’envers lui gonfler dans le vas-ventre.

 Philippe Adam, Les impudiques

Les impudiques (3)

 

Projet social. Et s’il suffisait d’aller vers quelqu’un et de lui sourire pour qu’aussitôt les bouches se mêlent, pour que les mains se baladent et qu’on se quitte ensuite gentiment, comme ça, en se disant juste bonne journée, vous êtes adorable, c’était un plaisir de vous rencontrer, au revoir et merci beaucoup.

Philippe Adam, Les impudiques

Les impudiques (2)

Témoignage. Je n’ai pas de sexualité. Cela fait de moi quelqu’un d’original. Partout je vois qu’il est question de sexe. Ce n’est pas mon genre. Le sexe, on vit très bien sans, il suffit de s’intéresser à des choses plus hautes, plus essentielles, plus spirituelles, si vous voyez ce que je veux dire. Vous ne voyez pas ? Très bien. N’en parlons plus. Personne ne voit jamais. J’ai l’habitude.

Philippe Adam, Les impudiques