dérailler

démissions (1)

pour Sylvain

Elle ne veut pas sortir de la salle. Ce n’est pas le mot. Elle ne sort pas de la classe, c’est tout. Elle n’en sort pas. Comment en sortir. Elle ne sait plus. Elle a su. Hier encore elle savait. Elle avait pu ramasser ses affaires. Haut la main. C’est comme un trou de mémoire. Comme si elle était tombée dans un trou de mémoire.

vichyssoise (fin)

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Une infirmière préposée à la sacro-sainte illutation agite sa main gantée de caoutchouc à l’adresse, tout là-bas, du sosie d’Édouard Philippe (en peignoir). Qui lui rend avec élégance un signe d’intelligence. Après quoi il entreprend de la rejoindre, lentement, solennellement, comme aimanté.  J’ai vraiment l’impression qu’ils vont s’en rouler une. S’arrêtent juste à temps.

– Méfiez-vous d’elle, glisse Édouard à un jeune peignoir obèse sagement assis qui n’avait rien demandé, elle va vous en-glu-er.

Rires de gorge de l’infirmière.

– Ça va être votre fête… n’ajoute-t-il pas.

C’est mon dernier jour. Je ne suis plus une bleue. Mes yeux se dessillent. Je repère les plans drague. Le mono de mobilisation et le maillot multicolore ; ce rebelle et cette jaune ; P3 et P4  et le masseur sous l’eau… Sous la blancheur duveteuse des peignoirs ou des blouses, ça mouille sec – pardonne l’oxymore.

Les thermes ? Temple de l’érotisme, vaste baisodrome… pas la première année toutefois. Et chacun, chacune de me dire d’un ton appuyé À l’année prochaine.

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