je nage, donc je suis

 

Droitière jusque dans la nage. Le bras gauche fait semblant, minable imitation du droit, impeccable le droit dans son dos crawlé, impérieux – oui, il en jette. Je vois comme dans un miroir mental le parfait d’un côté, l’imparfait de l’autre, le maître et son disciple bégayant. Je sens la force intelligente du premier, comme il brasse aisément l’eau sous sa pression pour que le corps s’élance léger léger, et la débilité de l’autre. Certes, si je me concentre, je peux arranger les choses, ordonner à l’empoté de se forcer, un peu de tenue, quoi. Or, ça demande un certain effort intellectuel. Moi qui ne fréquente la piscine que pour cesser de penser cinq minutes.