du vocabulaire

 

Je lis algarade dans le journal et me voici sans prévenir un siècle en arrière, en classe de 3e.

 Acte I

Agathe, deux ou trois autres filles et moi écrivons une pièce de théâtre. Sérieux. Nous nous réunissons une ou deux fois par semaine. Ça avance. Une femme (Élise ? Adèle ?) survient dans une maison et bouleverse un peu tout, remuant le passé ; elle n’est pas l’étrangère qu’on croyait. Bref, un drame un peu compliqué. Et le mot algarade. L’un des personnages disait quelque chose comme « Nous ne la reverrons pas de sitôt, après l’algarade de tout à l’heure ».

 Acte II

Nous confions notre manuscrit à notre professeur de français, Mme Abbat – paix à son âme. Sladit, elle nous rend la pièce fortement annotée, comme une vulgaire rédaction. Merci, mes enfants, je l’ai lue ce week-end avec des amis, après dîner, c’est plus vivant, n’est-ce pas… Comme nous avons ri ! J’ai pleuré de rire !

Sourires de façade, effondrement interne.

Acte III

Enfin seules, explosion. Elle a rien compris, elle nous prend pour qui, qu’est-ce qu’elle nous a mis, etc. Nous feuilletons notre œuvre. Du rouge du rouge du rouge et surtout, elle avait biffé le mot algarade.

 

cyrano