Mont Blanc

 

J’ai beau lutter, il arrive que la mauvaise foi me saisisse.

Elle réveille mes penchants les plus sombres.

Je l’avoue, j’aimerais parfois balayer le mont Blanc d’un revers de main, lui trancher la cime, le décapiter, comme on fouette une vulgaire montée d’œufs en neige. J’aimerais qu’il en bave et qu’il dégage du paysage, qu’il cesse d’être le plus haut sommet des Alpes, qu’il ravale ses 4807 mètres, qu’il fasse profil bas, bref, j’aimerais bien le rayer de la carte, qu’il s’écrase.

Cela dit, ma colère retombe.

Et le mont Blanc demeure.

Fabio Viscogliosi, Mont Blanc