Je me souviens (8)

 

417 – Je me souviens d’une compilation qui bénéficie d’un bouche-à-oreille incroyable : des enregistrements effectués en Éthiopie dans les années 70, avec un groove à tomber à genoux, et la réputation d’être “du jazz pour ceux qui n’aiment pas le jazz”. C’est bien vendu, mais c’est encore en-dessous de la réalité : écouter pour la première fois Éthiopiques Volume 4 est une expérience à nulle autre pareille. Comme découvrir le son d’un continent disparu.

 

493 – Je me souviens d’un groupe qui envoie tous les ans une chanson à ses amis à l’occasion des fêtes. C’est ce qui semble être son unique signe d’activité, et peut-être même sa raison d’être. Figurer sur son fichier, c’est appartenir à une société secrète : on ne sait pas qui sont les autres, on ne sait pas s’ils sont nombreux et on se garde bien d’en parler autour de soi. Écouter LE PLUS SIMPLE APPAREIL, c’est peut-être le dernier des privilèges.

 

449 – Je me souviens que c’est toujours au moment où je crois avoir fait le tour de tous les “trésors cachés” que je tombe sur un truc incroyable : BILL FAY, JUDEE SILL, ALZO & UDINE, BIFF ROSE… Comme un pêcheur qui, au moment de mourir de faim, remonterait la prise de sa vie.

 

Philippe Dumez, Trente-neuf ans et demi pour tous, édition inmybed

 

Moi, si j’étais inmybed , c’est simple, je rééditerais Trente-neuf ans et demi pour tous.